L’IATA n’avait pas anticipé une telle reprise. L’association internationale du transport aérien a publié de nouvelles prévisions concernant les résultats 2010 du secteur le 21 septembre. Elle a multiplié par 3,5 son estimation sur les bénéfices des compagnies aériennes cette année : ils devraient atteindre 8,9 milliards de dollars – elle avait prédit 2,5 milliards de dollars au mois de juin.
Cette hausse des bénéfices est causée par une importante augmentation de la demande (11%), plus rapide que la restauration des capacités par les compagnies (7%). Le trafic dépasse de 3 à 4% le niveau d’avant la crise, début 2008.
Les yields s’améliorent d’autant plus que les coûts sont restés stables : ils devraient augmenter de 7,3% dans le secteur de passage et de 7,9% dans le cargo. Ils restent en revanche au-dessous de ceux de 2008. L’IATA ne crie donc pas victoire : la marge des compagnies restera faible, à 1,6%, c’est-à-dire loin des 2,5% atteints en 2007.
Les prévisions s’améliorent pour toutes les régions du monde, hormis l’Afrique (stable). L’Asie Pacifique et l’Amérique du Nord sont toujours les plus dynamiques et l’IATA double les prévisions de bénéfices, qui passent respectivement à 5,2 et 3,5 milliards de dollars. L’Europe constitue un cas à part : elle est le seul continent qui enregistrera des pertes en 2010. Selon l’association, elles atteindront 1,3 milliard de dollars – la précédente prévision anticipait 2,8 milliards de dollars de déficit. L’amélioration est due à la faiblesse de la monnaie, qui a stimulé l’exportation. Toutefois la faiblesse économique continue de peser sur le trafic.
La reprise devrait être moins vive en 2011. Le boom occasionné par la reconstitution des stocks (suspendue durant la crise) va se dissiper et la consommation aura du mal à repartir car le taux de chômage restera élevé en Europe et en Amérique du Nord. Le dynamisme en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud ne suffira pas à soutenir la croissance du transport aérien : celle-ci devrait diminuer de 5%. La reprise des livraisons (1 400 appareils) va augmenter les capacités mondiales de 6%, ce qui leur fera dépasser la hausse de la demande et entraînera une baisse des yields. Par conséquent, Giovanni Bisignani prévoit des bénéfices de 5,3 milliards de dollars en 2011 avec une petite marge de 0,9%.








