Les trois grandes compagnies européennes ont publié leur bilan semestriel ces derniers jours. Toutes ont une chose en commun : une pression importante sur la recette unitaire. Mais toutes ne s’en sortent pas pareil. Si Lufthansa et IAG ont vu leur résultat opérationnel s’envoler, Air France-KLM lutte toujours pour remonter la pente.
Le groupe franco-néerlandais a en effet enregistré une hausse de 2,4% de son chiffre d’affaires (à 12,3 milliards d’euros) mais sa perte opérationnelle et sa perte nette se sont également creusées, respectivement de 12% à 232 millions d’euros et de 3% à 638 millions d’euros. Confronté à cette baisse forte et rapide de la recette unitaire et à l’effet négatif des variations de change, le groupe a été contraint de prendre de nouvelles mesures. Une nouvelle restructuration du réseau va provoquer la suspension de plusieurs lignes, un nouveau plan d’économies de 300 millions d’euros a été décidé qui devrait entraîner un report du renouvellement de la flotte et les négociations avec les syndicats sont accélérées. Air France-KLM est allé jusqu’à ressortir le projet Transavia Europe du placard.
Le groupe Lufthansa, s’il connaît les mêmes difficultés à maintenir le niveau de prix de ses billets et ne s’attend à aucune amélioration, s’en sort mieux. Plus avancé dans sa restructuration et ayant connu un semestre plutôt calme socialement, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 8,5% à 15,4 milliards d’euros. Porté par une croissance insolente de Swiss, le bénéfice opérationnel a été multiplié par 2,6, atteignant 468 millions d’euros, et le bénéfice net frôle le milliard d’euros (954 millions) quand il était négatif l’année dernière.
Quant à IAG, il profite du positionnement de British Airways pour le moment relativement épargné par les problèmes de surcapacités, du redressement (cher payé) d’Iberia et de la santé de Vueling. Le chiffre d’affaires a progressé de 11,6% à 10,4 milliards d’euros. Comme chez Lufthansa, le bénéfice opérationnel s’est envolé : il a été multiplié de 2,5 pour atteindre 555 millions d’euros, entraînant le bénéfice net qui atteint 332 millions d’euros (x3,5).








