Alors que les pilotes attendent d’Air France une stratégie claire sur le long terme pour l’activité moyen-courrier, plusieurs réunions ont eu lieu ces derniers jours entre les syndicats et la direction de la compagnie française pour essayer de définir cette stratégie. Si cet objectif n’a pas été atteint, Air France a consenti à créer un secteur Loisir moyen-courrier, chargé notamment de piloter le détachement estival des A320 chez Transavia.
Quatre A320 seront détachés en « damp lease » (location avec pilotes) chez Transavia et sous couleur Transavia : deux sur toute la période estivale et deux supplémentaires en période de pointe (juillet-août). Ainsi huit équipages devraient être détachés à ce secteur de la Flotte moyen-courrier sur moins d’un an, avec des équipages supplémentaires en juillet-août.
Les pilotes acceptant que travailler dans cette division se verront appliquer les conditions d’engagement et de rémunération de Transavia mais devraient bénéficier d’une prime de mobilité (en négociation) et continueront de bénéficier des avantages liés au contrat de travail Air France. Le projet sera mis en œuvre par Didier Nicolini, commandant de bord A320 et directeur adjoint du développement technique, de l’innovation et de la transformation.
Le SPAF demande plus d’heures de vol pour Air France
Le SPAF (Syndicat des Pilotes d’Air France) a réagi dans un communiqué en expliquant que l’accord envisagé n’était « rien de moins que le début du transfert d’activité du moyen-courrier Air France vers Transavia ».
Julien Duboz, porte-parole du syndicat et OPL A320 chez Air France, ne cesse de répéter que la montée en puissance de Transavia se fait au détriment d’Air France, qui, par conséquent, ne développe plus son activité moyen-courrier. Or il explique qu’Air France « a les avions et a les pilotes – il y a même un sureffectif – » pour opérer davantage de lignes et que la différence de coût pilote au siège est marginale entre Air France et Transavia.
Par sa voix, le SPAF demande donc qu’« Air France fasse voler ses pilotes à la norme sur moyen-courrier, cela ferait baisser ces coûts. » Il souligne qu’actuellement, les PNT sur A320 volent en moyenne une trentaine d’heures par mois alors que la norme est à 75 heures.
Plus généralement, Julien Duboz a révélé que l’engagement d’Air France pris dans le cadre du plan Transform de maintenir 8 000 heures de vol sur le moyen-courrier cet été ne serait pas respecté. Une information confirmé par le SNPL qui relativise : le programme été ne prévoit que « 7 900 heures de vol, c’est marginal. Et c’est sans compter les heures de vol effectuées pour Transavia », souligne Guillaume Schmid, membre du bureau SNPL Air France ALPA et OPL 747.
Le SNPL demande une stratégie plus claire sur le moyen mais reconnaît l’urgence de la situation
Le SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne) voit la création du secteur moyen-courrier loisir d’Air France plutôt d’un bon œil. Guillaume Schmid explique que, grâce à lui, « tous les avions de plus de 110 places seront régis par un contrat de travail Air France. » Le détachement des A320 en « damp lease » (location avec pilotes), aux règles de Transavia, ne devrait être qu’une solution temporaire, un test sur un an pour laisser le temps à la compagnie française de clarifier sa stratégie moyen-courrier. « Augmenter la flotte de Transavia n’est pas suffisant pour lutter contre easyJet » mais il fallait « agir dès cet été. »
Il affirme également qu’il n’y a pas de transfert de ligne d’Air France vers Transavia, les liaisons internationales ouvertes à Orly (vers Istanbul, Casablanca et Rome) remontant à CDG. Pour le reste du programme de vols, il s’agit d’opérations wing to wing, Air France opérant de CDG et Transavia d’Orly Sud. « Notre périmètre n’est pas atteint », conclue-t-il.
L’exact opposé de la position du SPAF qui estime que « le détachement d’avions – et d’équipages – Air France aux couleurs de Transavia signe la fin du court-courrier/moyen-courrier en moyens propres. »
| Le problème du sureffectif des pilotes A320
Julien Duboz et Guillaume Schmid indiquent que le sureffectif des pilotes chez Air France (estimé à 350) est principalement dû au déplafonnement de l’âge de départ à la retraite – de 60 à 65 ans. Le problème devrait s’être résorbé d’ici un ou deux ans, d’autant qu’un nouveau plan de départ volontaire va être mis en place pour les pilotes. Il vise 150 suppressions de postes, à des conditions similaires à celles du précédent plan. |







