L’année 2014 a été une année de croissance pour Thales. Patrice Caine, le nouveau PDG de l’électronicien français, a présenté les résultats annuels de son groupe le 25 février, à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue dans les locaux flambant neuf du siège à La Défense.
Les prises de commandes ont crû de 11% (8% en organique) pour atteindre 14,3 milliards d’euros, « une hausse spectaculaire marquée par un quatrième trimestre très fort » a annoncé Patrice Caine, qui a également rappelé que l’année écoulée avait été marquée par une forte volatilité (pétrole, parité euro-dollar, crises géopolitiques au Moyen-Orient et en Europe de l’Est), un contexte qui touche directement tous les métiers du groupe. En 2 ans, Thales a ainsi connu une hausse de ses commandes de 20%. Son carnet de commandes augmente mécaniquement de 12% pour atteindre un peu plus de 27 milliards d’euros. Ce haut niveau des ventes a notamment été constitué par 19 « super contrats » de plus de 100 millions d’euros en valeur unitaire, notamment dans les satellites et les systèmes de défense.
Le chiffre d’affaires de Thales est quant à lui en légère hausse (+2%) mais « n’est pas encore en croissance en organique ». Les efforts du groupe sur la croissance et la compétitivité ont commencé à porter leurs fruits avec un EBIT en augmentation de 13% à 1,1 milliard d’euros, si l’on ne prend pas en compte les pertes de DCNS (participation 35%) dont l’impact a contribué négativement à hauteur de 117 millions d’euros. L’EBIT de Thales réel est en baisse de 3% à 985 millions d’euros. Patrice Caine s’est néanmoins voulu confiant sur le dossier, assurant que tous les risques majeurs avaient été identifiés et que le redressement opérationnel de DCNS était en cours.
Le secteur aérospatial enregistre une forte hausse des prises de commandes (+17%) pour atteindre 5,024 milliards d’euros, porté par l’avionique civile et les IFEC d’une part, et par la vente de satellites d’autre part (observation, navigation et télécommunications). Le chiffre d’affaires de la branche s’élève désormais à 5,014 milliards (+6%). La rentabilité des activités aéronautique et spatial atteint 505 millions d’euros, soit un EBIT qui atteint 10,1% du CA, « un résultat pour la première fois à deux chiffres et une grande satisfaction ».
L’activité Défense & Sécurité n’est pas en reste avec une hausse des prises de commandes de 7% à 7,6 milliards d’euros pour une marge en progression à 9,6% du CA (6,48 milliards, stable sur l’année). « Les pressions budgétaires sont toujours là » rappelle Patrice Caine, qui a cependant noté l’augmentation des commandes au niveau des marché matures (même en France) et le fort besoin d’équipements de pays émergents.
Les pays émergents sont d’ailleurs une des priorités de Thales pour accélérer sa mondialisation sur ces différents métiers et le groupe n’hésitera pas à multiplier les transferts de technologies pour s’implanter plus rapidement sur ces marchés au cours des prochaines années. « Le mode export pur jus est en déclin » a précisé le PDG de Thales qui en a profité pour annoncer la création d’un poste de Directeur Marketing au sein du groupe, « une première chez Thales et qui nous permettra de mieux identifier et comprendre les besoins des clients ».
Patrice Caine a enfin rappelé que la modification de la gouvernance de Thales était toujours d’actualité avec la dissociation des fonctions de président et de directeur général prévue en mai prochain.





