Thales occupe le Palais des Congrés de la Porte Maillot depuis 2 jours pour la seconde édition des InnovDays, un salon qui met l’accent sur ses innovations dans tous les secteurs et notamment dans l’aéronautique civile et militaire. L‘événement présente ainsi cette année une centaine d’innovations en provenance de 12 pays, des produits et concepts qui sont directement testés par plus d’un millier de visiteurs partenaires ou clients de l’électronicien français, ainsi que par des membres du gouvernement.
Jean-Bernard Lévy, le PDG de Thales, a rappelé à cette occasion que son groupe consacrait 20% de son chiffre d’affaires annuel en Recherche & Développement (R&D), le quart étant financé sur fonds propre et le reste étant lié à des contrats. Thales emploie aujourd’hui plus de 25000 chercheurs et ingénieurs, dont 3000 spécifiquement dédiés à la R&D. Jean-Bernard Lévy a également souligné que Thales était particulièrement présent sur des technologies de pointe comme les interfaces homme-machine, un secteur en plein bouleversement aujourd’hui avec la démocratisation des écrans tactiles et les possibilités offertes par les technologies immersives par exemple, ce que nous avons constaté sur les différentes applications présentées liées à l’aéronautique.
Pour la partie aéronautique civile, Thales a bien évidemment présenté son démonstrateur de cockpit entièrement tactile Avionics 2020, dont les différentes briques technologiques pourraient progressivement faire leur apparition sur des programmes d’avions de ligne ou d’avions d’affaires à la fin de la décennie. Rappelons qu’Avionics 2020 vient d’être décliné dans une version dédiée aux voilures tournantes à l’occasion du dernier salon californien Heli-Expo la semaine dernière (lire l’article).
Le nouveau démarreur électrique alternatif Topstart, présent sur le Falcon 5X de Dassault, et le système électronique de puissance modulaire intégrée (IMPE), qui vise notamment à répartir dynamiquement les sources de puissance au fur et à mesure des besoins dans les différentes phases de vol, et ce, dans la logique d’avions de ligne toujours plus électriques, étaient également exposés.
Mais ce qui cette fois a particulièrement retenu notre attention est la présentation de la position de travail immersive pour contrôleur aérien Shape (immersive air traffic controller working station), un poste de travail qui s’affranchit complètement des traditionnels claviers, souris ou trackball grâce à la présence d’un large écran tactile.

La position de travail immersive pour contrôleur aérien
Avec seulement l’usage de deux doigts, le contrôleur peut ainsi sélectionner un appareil de sa zone et lui attribuer une clairance de modification d’altitude (CFL), de vitesse (SPD), de cap (HDG) ou de trajectoire (par exemple une route directe) grâce à des sous-menus dynamiques. La clairance est ensuite immédiatement émise par le biais d’une voix synthétique ou via ACARS, réduisant ainsi la charge du contrôleur. À noter que les ingénieurs de Thales ont également équipé la position d’une lumière diffuse qui change de couleur en fonction du nombre d’appareils situés dans la zone à surveiller.
Pour le secteur aéronautique de défense, Thales a notamment exposé un simulateur destiné à l’amélioration de la préparation des missions héliportées ainsi qu’un démonstrateur de Centre de commandement aérien Air C2 basée sur les technologies immersives en 3D (CAVE 3D), un équipement qui pourrait un jour faire son apparition au sein du CDAOA ou au ministère de la Défense.

Le Centre de commandement aérien Air C2
L’électronicien français nous a également fait la démonstration d’un nouveau système de débriefing de mission aérienne décliné sur tablette numérique. Ce successeur de l’outil SERPAM (Système d’Exploitation et de Restitution de Mission), d’ailleurs baptisé SALVe (pour Serpam Advanced Legacy Version) remplace ainsi les anciennes consoles de plus de 150kg utilisées actuellement pour analyser les vols (angle sécuritaire, trajectoires, études des tirs).
Compilant les données du DFDR des appareils après chaque vol et compatible avec Rafale, Mirage et Alphajet, SALVe a été développé de façon à pouvoir s’afficher sur un navigateur Internet grâce au langage HTML 5, devenant ainsi complètement multiplateforme. Ce système présente ainsi l’avantage de pouvoir équiper chaque pilote, est distributif (les pilotes peuvent échanger des données entre tablettes), tout en réduisant les coûts d’acquisition. SALVe est aujourd’hui prêt à être commercialisé et le probable contrat à l’export du Rafale pourrait bien être la première concrétisation du système.

Le système SALVe








