Le 3 septembre 2012 à Dakar (Sénégal), à l’occasion de la Journée de l’aviation, l’Association du transport aérien international (IATA) a appelé les industriels et les gouvernements de l’Afrique de l’Ouest et Centrale à collaborer pour faire de l’aviation une partie intégrante du développement et de l’intégration économique du continent. La sécurité aérienne occupe logiquement une place importante dans ce défi.
À ce jour, « l’aviation africaine soutient 6,7 millions d’emplois de qualité et une activité économique totalisant 67,8 milliards de dollars », souligne Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA. L’aviation est donc un secteur porteur qui pourrait participer, de manière considérable, à la croissance économique de l’Afrique. Pour cela, l’aviation doit être placée parmi les priorités des gouvernements, qui doivent collaborer avec les industriels. Cette collaboration devra alors porter sur « l’amélioration de la sécurité, l’adoption d’une approche politique coordonnée et la mise en œuvre de normes mondiales », poursuit Tony Tyler.
La sécurité, enjeu majeur du développement de l’aviation en Afrique
Sur le plan de la sécurité aérienne, l’Afrique est un très mauvais élève. En effet, selon l’IATA, en 2011, le continent a été témoin d’un accident pour chaque tranche de 305 000 vols exploitant des avions à réaction de fabrication occidentale, contre 135 000 vols en 2010. Malgré cette diminution significative du nombre d’accidents annuels d’avions, le taux de 2011 reste tout de même neuf fois plus élevé que la moyenne mondiale. « Il devrait être aussi sûr de voyager par avion en Afrique que partout ailleurs dans le monde », soutient Tony Tyler.
Afin d’améliorer la sécurité aérienne en Afrique, l’IATA, en collaboration avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et plusieurs autres organisations, a mis en place le « Plan d’action stratégique pour l’amélioration en Afrique », dont l’objectif est d’atteindre un niveau de sécurité de classe mondiale d’ici 2015 à travers, notamment le renforcement de la sécurité des pistes. L’Assemblée de l’Union africaine doit ratifier le plan en janvier 2013.
Pour que l’aviation soit un moteur économique en Afrique, les gouvernements africains doivent prendre en compte d’autres enjeux importants : le développement de coopérations régionales à travers d’organismes comme l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), l’amélioration des infrastructures, ou encore l’encadrement des taxes et redevances destinées au développement des infrastructures.








