Lors de la présentation de ses résultats annuels, Figeac Aero a annoncé qu’il allait s’implanter au Mexique. Le sous-traitant aéronautique a déjà trouvé son client de lancement mais a tenu à taire son identité en attendant la finalisation des modalités du contrat et de l’implantation, ce qui doit intervenir dans les prochains jours.
Pour le moment, la structure « n’a qu’un seul salarié, son directeur », indique Jean-Claude Maillard, le fondateur et président de Figeac Aero. Elle devrait être opérationnelle dès le quatrième trimestre 2015 et sera chargée de l’usinage de pièces élémentaires en alliages légers et métaux durs, ainsi que de petits sous-ensembles.
L’installation au Mexique représentera à terme un investissement de 20 millions d’euros, pour les bâtiments et les outils de production. Le sous-traitant s’attend à ce que cette usine produise un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros à horizon 2018.
Figeac Aero souhaite ainsi reproduire en Amérique son modèle français : l’excellence industrielle sera basée à Wichita, usine qui profitera du soutien d’une filiale en zone low-cost, celle du Mexique. Par la suite, des filiales devraient être créées dans différents endroits des Etats-Unis pour se rapprocher des clients (à l’image des usines de Méaulte ou Saint-Nazaire en France, pour se rapprocher de Stelia et Spirit). Ce faisant, le sous-traitant réduit son exposition aux fluctuations de la parité euro/dollar et se positionne sur le premier marché aéronautique mondial.
Des résultats toujours excellents
La stratégie de Figeac Aero a payé jusqu’à présent. Pour l’exercice 2014-2015 clôturé le 31 mars, le sous-traitant a réalisé un chiffre d’affaires de 203,9 millions d’euros, en hausse de 25,6% (et de 20% à périmètre constant, donc en excluant Figeac Aero North America intégrée en mai). L’EBITDA a progressé de 26% à 48,1 millions d’euros, dégageant une marge de 23,6%.
Jean-Claude Maillard explique cette croissance notamment par la montée en cadence des grands programmes, plus particulièrement l’A350 qui vient d’entrer en phase de commercialisation. Mais « le plus beau reste à venir » : « nous allons doubler notre chiffre d’affaires en deux ans et ce sera plus simple que ce qui a été réalisé jusqu’à présent. » Ceci grâce à l’A350 toujours, qui monte en cadence. « Les investissements dans les outils ont été réalisés, nous avons juste besoin de recruter du personnel. » A lui seul, le programme A350 va augmenter le chiffre d’affaires de Figeac Aero de 150 millions d’euros.
Le sous-traitant lotois maintient donc ses objectifs : réaliser un chiffre d’affaires de 255 millions cette année, de 500 millions d’euros en 2018 et maintenir une marge EBITDA comprise entre 23 et 25% sur la période. Il est bien parti : 90% du chiffre d’affaires prévisionnel de 2018 est déjà engagé, il ne reste plus qu’à décrocher de nouveaux contrats pour une quarantaine de millions d’euros.








