Fabrice Brégier est longuement revenu sur le programme A380 le 17 avril, au cours d’une rencontre organisée par l’Association des Journalistes Professionnels de l’Aéronautique et de l’Espace (AJPAE). Le président d’Airbus estime que le programme a perdu son caractère exceptionnel et est entré dans une sorte de routine, qui a désormais pour mission de le rentabiliser et de le faire évoluer progressivement pour améliorer ses performances.
« Le programme a connu ses vicissitudes au départ puis est entré en service au moment de la pire crise financière. » Mais ces mauvais jours sont désormais derrière lui. Dix ans après son premier vol, le Super Jumbo a été commandé à 317 exemplaires par dix-huit clients, dont plus de 150 sont en service et transportent deux millions de passagers chaque mois.
« L’A380 a été lancé huit, dix ou quinze ans trop tôt », a répété Fabrice Brégier. « Avec la croissance du trafic, il aura un marché plus naturel à l’avenir puisqu’on ne peut pas multiplier les aéroports internationaux pour accompagner cette croissance. »
Aujourd’hui, l’heure est à l’amélioration des performances. « Nous avons encore un certain nombre d’efforts à faire avec certains clients pour assurer leur satisfaction et pour convaincre de nouveaux clients. » Pour cela, Airbus travaille sur la capacité à générer davantage de revenus, en abaissant la consommation carburant par exemple ou en augmentant la flexibilité de l’aménagement du Super Jumbo. A ce sujet, l’avionneur vient de présenter la cabine Budget Economy à onze sièges de front en classe économique, lors du salon Aircraft Interiors.
« Il faut surtout donner l’envie aux compagnies de sauter le pas. Ce n’est pas facile car c’est un avion de rupture en raison de sa taille. Il y a un gros effort à fournir pour l’intégrer dans une flotte. »
Mais l’A380neo n’est pas pour tout de suite. Fabrice Brégier a déclaré que « des évolutions ne seront lancées que s’il y a un business case » et une compagnie intéressée ne fait pas un business case. Mais l’idée n’est pas forcément écartée à plus long terme : « vous pouvez compter sur moi pour ne pas laisser tomber l’A380 comme je n’ai pas laissé tomber l’A330. »








