La 4e édition de la conférence annuelle « Aéronautique et développement durable » de l’IPSA, école d’ingénieurs de l’air et de l’espace, s’est tenue le 11 décembre dernier. Cette année, la génération Y était à l’honneur. Dépeinte comme une génération antiautoritaire et très exigeante, la génération Y, née entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990, est à la recherche d’une nouvelle méthode de management. Conscientes de cela, les entreprises aéronautiques innovent de plus en plus dans leur façon de recruter dans le but de séduire les jeunes issus de cette génération, actuellement sur le marché du travail ou en fin de cursus.
« En France, environ 30 000 ingénieurs sortent chaque année des écoles, alors que les entreprises en auraient besoin de 40 000 », relève Monique Dagnaud, directrice de recherche en sociologie au CNRS/ EHESS. Dans ce contexte de pénurie, les recruteurs bousculent leurs méthodes de recrutement pour attirer les meilleurs profils, car les jeunes diplômés sont très exigeants. « Les attentes de la génération Y sont différentes de celles de leurs ainés », note Monique Dagnaud. « Il s’agit d’une génération qui privilégie la qualité de vie, qui n’a pas le sens de la hiérarchie. Elle a le sens du partage, de l’ironie, le goût du ludique, la liberté d’expression, la transparence… », liste la sociologue, qui a consacré un livre sur cette génération qui représente la culture web par excellence.
Chez Akka Technologies par exemple, les responsables de recrutement misent sur l’humour et l’autodérision, pour toucher les jeunes diplômés. Ainsi, la société d’ingénierie diffuse depuis un an sur les réseaux sociaux des films humoristiques en rapport avec sa politique de ressources humaines. De plus, depuis 13 ans, Akka Technologies organise le Challenge Akka, un événement de recrutement rassemblant plus de 150 étudiants ingénieurs invités à faire du ski avec des managers de la société. Cela permet à l’entreprise de repérer des talents et des personnalités. « Aujourd’hui, les recruteurs ne recherchent pas seulement des talents, ils recherchent aussi des personnalités qui pourraient correspondre au manager et vice-versa » explique François Baert, chargé de recrutement chez UTC Aerospace Systems (Goodrich).
Les jeunes issus de la génération Y ne développent pas un véritable patriotisme d’entreprise et changent donc plus facilement de société, si celle-ci ne répond pas à leurs attentes ou si le poste occupé n’est pas assez intéressant. Il faut donc mettre en place des dispositifs d’intégration et de pérennisation pour garder les talents. Akka Technologies l’a bien compris, puisque la société a mis en place une école interne qui favorise les transferts de compétences. Akka Institute a déjà formé plus de 3 000 collaborateurs sur les 10 000 que compte l’entreprise. « Un collaborateur reste en moyenne 7 ans chez Akka Technologies », souligne Anne Chamarande, directrice communication recrutement chez Akka technologies.








