L’école d’ingénieurs généraliste Arts et Métiers ParisTech vient de signer une convention de coopération campus avec l’équipementier aéronautique Safran. Laurent Champaney, directeur général adjoint Formation d’Arts et Métiers ParisTech, revient sur ce partenariat pédagogique. Entretien.
Le Journal de l’Aviation (JAV). Présentez-nous l’offre de formation d’Arts et Métiers ParisTech dans le domaine aérospatial ?
Laurent Champaney (LC). Arts et Métiers ParisTech forme des ingénieurs généralistes ayant des profils technologiques et disposant de hautes compétences techniques. Les spécialisations se font en dernière année. Concernant l’aéronautique et l’espace, la formation s’effectue sur le campus de Bordeaux-Talence, car c’est le centre le plus proche de Toulouse où sont implantés plusieurs de nos partenaires. Ainsi, sur ce site bordelais sont délivrés les enseignements suivants : une unité d’expertise de troisième année qui accueille une cinquantaine d’étudiants, un Mastère spécialisé « Ingénierie aéronautique spatiale – Management des applications aéronautiques et spatiales», un certificat d’aptitude à l’enseignement aéronautique, qui permet de préparer le brevet d’initiation aéronautique (BIA).
JAV. Arts et Métiers ParisTech et Safran ont signé une convention de coopération campus le 10 octobre dernier. De quoi s’agit-il vraiment ?
LC. Arts et Métiers ParisTech et le groupe Safran sont des partenaires de longue date, notamment dans les domaines de la recherche et de la formation. La convention de coopération campus est donc une formalisation de nos relations. Elle rassemble 5 signataires : Safran ainsi que les quatre entités qui composent la Communauté Arts et Métiers ParisTech, l’École, l’Association des anciens élèves, la Fondation Arts et Métiers et l’Union des élèves.
Ce partenariat s’inscrit plus largement dans l’accord-cadre que nous avons conclu avec Safran en juillet dernier. D’autres conventions, qui sont notamment liées à la recherche, devraient voir le jour prochainement.
JAV. Sur quoi porte ce partenariat pédagogique?
LC. Un plan d’une quinzaine d’actions annuelles est mis en place dans les huit campus Arts et Métiers. Soutenues par Safran, ces actions seront déclinées dans chaque centre selon la proximité avec les sites de Safran. Parmi elles, nous pouvons citer la participation de Safran au forum Arts et Métiers qui aura lieu en mars 2013 à Paris, des interventions ponctuelles d’ingénieurs de Safran dans des enseignements, la contribution de Safran à des réflexions stratégiques sur l’adaptation de l’offre de formation aux besoins des entreprises, l’accueil de stagiaires et d’apprentis au sein de Safran, ou encore le soutien de Safran dans la mise en place de dispositifs pour encourager les jeunes issus de milieux défavorisés à s’orienter vers des études d’ingénieur…
À noter que certaines des actions sont déjà effectives, comme la participation de Safran aux journées emplois-carrières, qui se déroulent actuellement dans les centres Arts et Métiers.
JAV. Avez-vous d’autres partenariats entreprises dans l’aérospatial ?
LC. Oui. Toutefois, ce sont des partenariats qui ne sont pas formalisés à ce jour par une convention. Parmi les entreprises aérospatiales partenaires d’Arts et Métiers ParisTech, il y a Airbus, Eurocopter, EADS, Bombardier Transport, l’ONERA, Dassault Aviation, le CNES, l’ESA, Thales Avionics, Aerolia, Akka Technologies, ou encore Astrium …
JAV. Quels sont les profils d’ingénieurs formés à Arts et Métiers ParisTech ? Est- ce des profils qui intéressent Safran ?
LC. « Nous formons des ingénieurs technologiques. Effectivement, Safran recherche ce type de profils. Cette convention de coopération campus, qui a été signée à l’initiative de Safran, permet à l’équipementier d’identifier des ingénieurs Arts et Métiers en vue de les recruter au terme de leurs études. L’équipementier recrute également des docteurs ingénieurs (ingénieurs doctorants).
JAV. L’industrie aérospatiale fait actuellement face à une pénurie de profils d’ingénieurs sur le marché, avez-vous constaté une diminution des inscriptions dans vos enseignements ?
LC. Il est vrai que l’industrie aérospatiale fait face à une pénurie de profils d’ingénieurs présentant de réelles compétences techniques. Arts et Métiers ParisTech ne constate pas de baisse des effectifs dans ses formations. Cependant, il est certain qu’il y a une diversification des carrières que commencent les jeunes diplômés, au détriment des carrières techniques. Néanmoins, parce qu’elle affirme son choix de proposer une formation très orientée vers la technologie, notre école reste un moyen privilégié pour de bons étudiants de rejoindre des carrières techniques dans le domaine de l’aéronautique.
| Arts et Métiers ParisTech en chiffres :
• 1 063 élèves nouveaux élèves ingénieurs généralistes en septembre 2012 |








