Les aéroports parisiens constituent un poids important sur l’économie régionale. Pierre Graff, directeur des Aéroports de Paris (ADP), a présenté ce matin lors d’une conférence de presse l’étude réalisée avec le BIP sur les impacts économique et social des trois aéroports parisiens en Ile-de-France, sur l’année 2010. Compte-rendu.
Des aéroports créateurs d’emplois
Les emplois salariés créés en 2010 par les aéroports Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget sont considérables. Plus de 340 000 au total en Ile-de-France, dont plus de 115 000 directs. Ces emplois représentent 2 % de l’emploi en France et 8,3 % de l’emploi salarial en Ile-de-France. On note une stabilité à 140 emplois directs par million de passagers. C’est-à-dire qu’à chaque fois que le trafic passager traité par les aéroports parisiens augmente d’un million, en moyenne, 355 millions d’euros sont générés et 4 100 salariés recrutés.
Néanmoins, il existe des différences entre les trois aéroports, puisque Paris-CDG est celui qui créé le plus d’emplois. D’ailleurs, dans l’ensemble « le système aéroportuaire parisien est fortement porté par l’aéroport CDG », explique Pierre Graff, président des Aéroports de Paris. Pour mieux visualiser les chiffres, voici en détail les données pour chaque aéroport.
CDG : l’aéroport, qui a transporté en 2010 près de 58 millions de passagers, a généré près de 248 000 emplois salariés : 52 635 catalytiques (dépenses touristiques en IDF), 60 166 induits (dépenses des employés directs et indirects), 49 084 indirects (consommations intermédiaires des fournisseurs directs) et enfin 86 008 directs (fournisseurs directs de biens et services aéroportuaires). Toute cette activité correspond à une valeur ajoutée égale à 21,2 milliards d’euros, dont environ 9 milliards générés par l’activité directe.
Il faut noter que « la croissance des emplois sur l’emprise de CDG est 7 fois plus dynamique que dans l’ensemble de la région Ile-de-France », selon l’étude. En effet, de 1995 à 2010, plus de 20 000 emplois ont été créés sur l’emprise de l’aéroport CDG. De plus, 1 million de passagers générèrent 4 300 emplois salariés totaux, dont 1 500 directs.
Orly : Avec ses 25 millions de passagers transportés en 2010, l’aéroport du sud parisien a permis la création de 85 000 emplois salariés, dont 26 750 directs pour une valeur ajoutée correspondant à plus de 7 milliards d’euros.
Le Bourget : 159 000 passagers ont été transportés en 2010 à partir de l’aéroport. L’activité économique a créé plus de 600 millions d’euros de valeur ajoutée et plus de 7 200 emplois salariés, dont 2 658 directs. Les chiffres de l’aéroport du Bourget sont moins importants que les deux autres aéroports parisiens à cause de son activité qui est orientée vers le transport d’affaires, souligne Pierre Graff. Son activité profite plus au quartier d’affaires de la Défense qu’à la zone environnante.
Beaucoup d’emplois directs durables générés
Le nombre de CDI représente 96 % de l’emploi salarié direct (emplois qualifiés et non qualifiés). Aéroports de Paris a mis en place de nombreux dispositifs en faveur de l’emploi pour la population environnante « qui n’est pas toujours la première bénéficiaire des opportunités d’embauche », reconnait Pierre Graff. Ainsi, avec l’ambition d’intégrer cette population, ADP propose des mesures pour la formation et le retour à l’emploi : un service de location de voiture à travers le dispositif « Papa Charlie » (environ 600 personnes chaque année), des forums emplois ou encore des formations ciblées (dont en alternance). D’après Pierre Graff, « le système mis en place par ADP en faveur de l’emploi est socialement performant dans le sens où tout le monde trouve son compte ». Chaque année, environ 2 000 personnes en difficulté sont assistées par ADP.
Des aéroports qui influent sur l’implantation d’entreprises en IDF
Selon l’étude, le mouvement du trafic des avions dans les trois aéroports a énormément influé sur l’implantation de nouvelles entreprises privées sur le territoire francilien, ces 25 dernières années. Ainsi, cette corrélation s’élève à 91 % sur l’ensemble du territoire, mais avec des disparités selon les communes : l’Oise est par exemple le département le plus corrélé aux mouvements d’avions, due à la proximité de l’aéroport CDG. Néanmoins, ces implantations trouvent également une explication dans le prix et la disponibilité du foncier.





