Air Corsica a dû défendre son plan de transformation Tocc’à Noi face aux critiques. Rappelant qu’il a été adopté à l’unanimité par son conseil de surveillance au printemps 2025, Marie-Hélène Casanova-Servas, la présidente de ce conseil, le voit comme une volonté de préserver l’outil aérien corse, alors que les compagnies régionales sont dans une position difficile partout en Europe.
Dans ce cadre, la préservation des fonds propres est une priorité et un « impératif de responsabilité », selon elle. C’est pourquoi la compagnie a prévu de réduire ses effectifs de 69 personnes (soit environ 10 %) d’ici mars 2027, dans le personnel au sol et navigant commercial, dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective, basée sur le volontariat. Elle va également s’appuyer sur la mobilité interne et la formation pour limiter les recrutements.
De leur côté, le Syndicat des travailleurs corses (STC) et les pilotes dénoncent notamment le recours à l’externalisation, et le STC a suspendu sa participation au dialogue social.
Marie-Hélène Casanova-Servas souligne au contraire que la rationalisation engagée lui permet d’envisager l’introduction d’un huitième Airbus A320 à sa flotte l’année prochaine, pour répondre à la demande et améliorer ses services. En termes de réseau, elle prévoit l’ouverture de nouvelles lignes et le renforcement de liaisons qui fonctionnent bien, avec l’objectif de réduire sa dépendance aux délégations de service public.
Déficitaire depuis 2020, Air Corsica espérait pouvoir démontrer les premiers effets positifs de son plan lors de son bilan annuel et visait un résultat positif en 2027. Elle pâtit cependant de l’immobilisation de cinq des sept ATR 72-600 de sa flotte, cloués au sol par mesure de précaution en raison d’odeurs inhabituelles et persistantes dans les postes de pilotage. Pierre Muracciole, président du directoire, a estimé début octobre que les affrètements nécessaires au maintien de son programme de vols coûtaient environ un million d’euros par mois à la compagnie.