Si le groupe Air France-KLM n’a pas encore tout à fait retrouvé le volume de passagers qu’il avait en 2019, les finances ne s’en portent pas mal pour autant. Il a publié un chiffre d’affaires record de 33 milliards d’euros, en hausse de 4,9 % pour 2025, mais surtout un résultat opérationnel franchissant pour la première fois le cap des 2 milliards d’euros et un résultat net, record lui aussi, de 1,75 milliard d’euros, plus que triplé par rapport à 2024.
Le bilan a notamment profité d’une baisse du coût du carburant et de la hausse des recettes entraînée par la « premiumisation » des services. C’est en effet une tendance lourde au sein du groupe, d’augmenter et de revaloriser son offre dans les cabines premium. Et les résultats sont là : en deux ans, le chiffre d’affaires des cabines La Première, affaires et premium economy a progressé de cinq points, passant de 31,2 % à 36,1 % du chiffre d’affaires total. Si l’offre a progressé, Benjamin Smith, le directeur général d’Air France-KLM, a également reconnu que les augmentations de tarifs de décourageaient pas les passagers, que ce soit en cabine La Première ou en premium economy – prisée par les voyageurs loisirs, qui continuent à aspirer à davantage de confort.
Le groupe souligne que sa marge opérationnelle a gagné un point, atteignant 6,1 %. Il progresse ainsi vers son objectif d’atteindre une marge de 8 % en 2028. Il reconnaît toutefois qu’il reste du chemin à parcourir, avec les difficultés de KLM qui vont demander un approfondissement de la restructuration, l’augmentation des redevances, notamment à Schiphol, et le besoin de rendre Transavia rentable de façon pérenne.
La low-cost du groupe est en effet redevenue déficitaire de 49 millions d’euros en 2025, notamment en raison du transfert progressif des opérations d’Air France à Orly vers la compagnie, qui s’achèvera à la fin de la saison hiver, à la concurrence accrue aux Pays-Bas, à l’augmentation des redevances à Schiphol (qui incite les passagers à se tourner vers les aéroports allemands) et celle de la TSBA en France. Par ailleurs, la low-cost est en pleine transition de flotte, ce qui complexifie les opérations et ajoute des coûts. A la fin 2025, Transavia exploitait ainsi quatorze A321neo aux Pays-Bas et 22 A320neo en France. La capacité a ainsi augmenté de 14,9 %.
L’activité maintenance du groupe se porte bien elle aussi. Avec un chiffre d’affaires de 5,57 milliards d’euros, en hausse de 9,5 %, elle a enregistré un résultat d’exploitation de 267 millions d’euros. Cependant, sa marge opérationnelle, à 4,8 %, reste inférieure à 2019. Steven Zaat, le directeur financier du groupe, explique que l’activité moteurs fonctionne très bien et que la priorité dans les années à venir sera de se concentrer sur l’amélioration de l’activité autour des composants.
A ce stade, le groupe constate que le niveau de ses réservations est stable par rapport à 2024. Il ne note pas d’impact de la politique américaine sur le besoin ou l’envie des passagers à emprunter un vol transatlantique pour travailler ou pour leurs loisirs, mais s’inquiète tout de même des dernières conditions que souhaiterait imposer l’administration – notamment le partage de l’historique de ses activités sur les réseaux sociaux sur cinq ans et de ses mails sur dix ans.
Ses perspectives pour 2026 tablent sur une augmentation des capacités du groupe comprises entre 3 % et 5 % – avec une hausse de 4 % de l’offre sur le long-courrier, de 10 % chez Transavia et une stabilité sur le segment moyen-courrier du Passage. Air France-KLM espère également pouvoir contenir la hausse de son coût unitaire à un maximum de 2 %, dont 0,5 % pour la « premiumisation ». Les investissements vont par ailleurs rester à un niveau élevé, de 3 milliards d’euros.







