La prédiction avancée très tôt par des groupes comme Lufthansa et Delta Air Lines qu’ils sortiraient de la crise plus petits mais plus efficaces va se généraliser. Selon une analyse du cabinet de consultants britannique IBA, 800 appareils devraient quitter la flotte dans laquelle ils se trouvent cette année. Parmi eux, 450 appareils devraient être définitivement retirés du service. « Au début de l’année 2021, les flottes seront très différentes en taille et en diversité », juge Phil Seymour, le président d’IBA.
Sans surprise, les avions les plus touchés seront les plus anciens, notamment ceux en service depuis plus de vingt ans, qui représenteront plus de la moitié des appareils retirés. Ce sera notamment l’hécatombe pour la flotte de MD-88 et de MD-90, dont Delta Air Lines et American ont annoncé se séparer.
La quasi totalité des appareils en service avant la crise sera mise en retraite anticipée (respectivement 90% et 100% de la flotte). Les Boeing 747-400 et les 767-300ER paieront eux aussi un lourd tribut à la crise – en ce qui concerne les 747, deux opérateurs historiques, British Airways et Qantas, viennent d’annoncer ou de célébrer leur départ.
Mais des appareils plus jeunes vont également subir ce phénomène en raison d’une autre caractéristique : leur trop grande capacité pour un transport aérien dont la convalescence sera longue et leur manque d’efficacité. Déjà sur la sellette avant la crise car jugés trop gourmands en carburant, les Airbus A380 et A340 seront beaucoup moins nombreux dans le ciel. Près d’un tiers des A380 et 47% des A340-600 resteront au sol, avec très peu d’espoir de trouver repreneur. Par ailleurs, un tiers des Boeing 777-200LR ne redécollera pas non plus.
Un phénomène inverse se dessine dans les carnets de commandes des avionneurs : les annulations de gros-porteurs restent assez mesurées par rapport à celles de monocouloirs – qui continuent de subir la crise du 737 MAX. A ce jour, seuls 32 gros-porteurs ont été rayés des backlog d’Airbus et Boeing (contre 237 sur toute l’année 2019, qui avait été particulièrement difficile pour le segment), tandis que 497 monocouloirs ont été supprimés (contre 421 sur 2019). Le programme 737 MAX compte toujours pour l’essentiel des annulations (452), avec une augmentation de celles en provenance des sociétés de leasing. Par ailleurs, face à la multiplication des demandes de report de livraison de la part des compagnies aériennes, IBA estime que les avionneurs ne pourront remettre que 600 appareils environ à leur opérateur, contre 1 400 l’année dernière, un résultat inédit depuis vingt ans.








