Figeac Aéro a de belles perspectives devant lui. Le sous-traitant aéronautique a annoncé le 19 novembre une progression de 27% de son chiffre d’affaires au premier semestre à 97 millions d’euros. Il a également révisé à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires pour 2018, à 410 millions d’euros (contre 360 prévus il y a un an).
Jean-Claude Maillard, son PDG, a expliqué que cette révision s’appuyait notamment sur la bonne santé de l’industrie aéronautique, les carnets de commandes étant historiquement élevés. Figeac Aéro a su se positionner en remportant d’importants marchés, comme la fabrication des planchers de l’A350 (auprès de Spirit Aerosystems) – Figeac indique d’ailleurs qu’il enregistrera un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros pour chaque A350 produit, le plus important marché que la société ait jamais remporté – ou la production de pièces moteur pour le LEAP de CFM – qui a mené le sous-traitant à construire une usine dédiée à Figeac, qui démarrera ses activités en 2015.
Des avancées qui ne doivent rien au hasard. Figeac Aéro a en effet rapidement réalisé que pour remporter des contrats, il fallait être proche de ses clients. C’est en partie grâce à l’ouverture d’une usine à Saint-Nazaire qu’a été remporté le contrat avec Spirit et la relation avec Aerolia est intensifiée par la présence de Figeac à Méaulte et en Tunisie. « Ce que l’automobile a fait, l’aéronautique est en train de le faire » : selon le président, chaque donneur d’ordre sera à terme entouré, géographiquement, de trois ou quatre sous-traitants.
Par ailleurs, Figeac a réussi son implantation en zone dollar au mois de mai, par le rachat d’une usine à Wichita. Là encore, Figeac se rapproche de clients (Spirit de nouveau) mais il s’assure une couverture face aux risques de change : « je me sens vulnérable parce que je produis en zone euro et je vends en dollars ». Un investissement que Jean-Claude Maillard ne regrette pas puisque l’usine, en perte de 1,5 million de dollars l’année dernière, devrait être rentable cette année et qu’elle a déjà vu ses effectifs augmenter de 40 à 65 personnes.
Le troisième pilier de la croissance sera l’implantation en zone low-cost. Le mouvement a été lancé en 2010 avec l’ouverture de l’usine en Tunisie. La prochaine implantation aura lieu au Mexique. Actuellement, Figeac est en négociation avec deux clients potentiels, l’objectif étant de démarrer « avec des partenaires qui vont soutenir une activité forte » (comme en Tunisie avec Aerolia) : « quand on va en zone low-cost, il faut servir un client local » pour faire très rapidement du chiffre d’affaires. L’usine mexicaine apporterait également du dynamisme à celle de Wichita. Par la suite, des implantations sont envisagées au Maroc (d’ici un an) et en Asie. Mais « créer une filiale en Chine n’est pas du tout ma priorité aujourd’hui. Ma priorité, c’est l’Amérique », insiste Jean-Claude Maillard.
Enfin, il souhaite maintenir l’excellence industrielle de Figeac Aéro grâce à un haut niveau, « presque déraisonnable », d’investissements, à hauteur d’environ 30 millions d’euros par an. Un plan de développement possible en l’état actuel des choses au vu du carnet de commandes, mais qui sera soutenu par une augmentation de capital, probablement en 2015.








