L’Airbus A350 se fait plutôt discret. Mais cette semaine a eu lieu la cinquième réunion de mise au point sur l’avancement du programme à Nantes, rassemblant l’avionneur, ses clients et ses clients potentiels. Il en ressort que le dernier programme d’Airbus commence à prendre du retard, mais pas encore assez pour que soit remis en question le calendrier de livraisons.
Dans une interview accordée au magazine allemand Focus et parue le 19 avril, le Président de l’avionneur Tom Enders avait déclaré qu’Airbus allait avoir du mal à respecter son calendrier. Jugeant que celui-ci avait été ambitieux dès le départ, il a indiqué qu’il n’était désormais plus en mesure de garantir les dates de livraison, mais que tout serait fait pour. Airbus va notamment réaffecter des ingénieurs travaillant sur l’A380 vers le programme A350.
Le 22 avril, le site Internet du magazine britannique Flight a révélé que le retard cumulé atteignait trois mois. L’assemblage final du premier A350-900 ne devrait plus être réalisé qu’au troisième trimestre et le vol inaugural au milieu de l’année 2012. Ce décalage serait dû à des problèmes intervenus lors de la conception de la structure en fibres de carbone.
Didier Evrard, le responsable du programme, a expliqué qu’il avait dû octroyer davantage de temps au processus de validation de la structure, car le design ne peut être amélioré après le lancement de la production des pièces lorsqu’il s’agit d’éléments en composites. Quatre domaines ont provoqué des contretemps : la taille de la cellule, la base de l’emplanture de l’aile, l’architecture du réseau électrique dans le fuselage et la tolérance aux dommages. Les deux premiers problèmes ont été résolus, la solution des deux autres est en cours de validation.
Toutefois, le calendrier de livraisons est maintenu. Celle du premier appareil, destiné à Qatar Airways, est toujours prévue pour le milieu de l’année 2013. La compagnie qatarie ne s’inquièterait pas, le programme d’essais prévoyant suffisamment de marge pour absorber l’impact de ce léger retard. Il devait en effet initialement durer quinze mois, ce que qu’elle estime très long. Les douze mois désormais prévus sont la norme de l’industrie.
Parallèlement, Flight a annoncé que le design de la version allongée de l’appareil, l’A350-1000, devrait être arrêté dans les prochains mois. L’une des modifications majeures par rapport à l’A350-900 touchera l’aile : elle sera plus large. Airbus prévoirait d’allonger les bords de fuite de 40cm, augmentant la surface de l’aile de 4%. Cela permettrait de remplir certains points sensibles du cahier des charges : la vitesse d’approche maximale avec une charge maximale à l’atterrissage doit être maintenue à 150 nœuds (277km/h), l’appareil doit respecter les normes de bruit londoniennes (QC1 à l’atterrissage et QC2 au décollage) et atteindre son altitude de croisière initiale de 33 000 pieds au bout de trente minutes. Cette version de l’A350 doit entrer en service en 2015.








