La campagne des trois majors américaines contre la concurrence des compagnies du Golfe ne fait pas l’unanimité aux États-Unis. Plusieurs transporteurs avaient déjà individuellement fait part au gouvernement de leur inquiétude face à l’émergence de ce conflit ; ils se sont désormais unis et ont adressé une lettre commune à plusieurs officiels américains pour manifester leur opposition à la campagne « Americans for fair skies ».
Atlas Air Worldwide, FedEx, Hawaiian Airlines et JetBlue souhaitent en effet un maintien du statu quo et surtout que le gouvernement américain n’accède pas aux demandes des Big 3. Selon elles, une telle décision viendrait à remettre en cause le principe des accords de ciel ouvert et ferait perdre toute crédibilité aux États-Unis.
S’appuyant sur une étude de Brookings, elles rappellent que les accords de ciel ouverts permettent aux Américains d’économiser 4 milliards de dollars chaque année. Sans eux, le trafic international serait au moins 10% moins important qu’aujourd’hui et certaines villes (elles citent notamment Las Vegas, Minneapolis ou Detroit) n’aurait que peu, voire pas d’accès à des liaisons directes vers l’étranger.
Jouant davantage sur la fibre patriotique, elles indiquent que ces accords facilitent également le ravitaillement sur les terrains d’intervention de l’armée américaine en levant les obstacles aux livraisons de fret.
Les Big 3 dénoncent quant à elles une violation des accords par les gouvernements du Qatar et des Émirats Arabes Unis. Elles estiment que les compagnies du Golfe ont reçu plus de 40 milliards de dollars de subventions sous diverses formes pour soutenir une expansion très agressive, provoquant une distorsion de concurrence. Un point de vue partagé par Air France-KLM et Lufthansa en Europe.








