Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser, a récemment été auditionné par les députés membres de la Commission défense. Il a pu à cette occasion s’exprimer sur la disponibilité technique des aéronefs de l’ALAT, un problème duquel il a tiré quelques solutions.
Partant du constat qu’une entreprise civile ne pourrait sans doute pas “survivre avec des disponibilités techniques aussi faibles”, le général rappelle également que “la pression en OPEX est très forte”. Le contrat opérationnel de 42 hélicoptères ayant été largement dépassé, en engageant “jusqu’à 66 appareils”, dont 43 déployés en OPEX. “Dès lors qu’on dépasse le contrat opérationnel, la DTO (disponibilité technique opérationnelle, NDLR) n’est pas toujours au rendez-vous », a-t-il déclaré.
Le général Bosser a notamment évoqué le cas des Caracal, touchés par des anomalies moteurs dues au sable africain, un problème en cours de résolution par l’industriel Airbus Helicopters et dont certains Caracal de l’armée de l’air ont déjà pu bénéficier. Les Caracal affichent un taux de disponibilité au 31 décembre 2014 de 35,9%, contre 48% en 2011, selon un graphique du rapport spécial présenté la semaine dernière par le député de la commission des finances François Cornut-Gentille. Ce taux s’est cependant stabilisé dans une certaine mesure entre 2012 et 2014 et se justifie, toujours selon le rapport, par “les conditions extrêmes et la fréquence d’emploi”. Ces machines sont notamment fréquemment employées dans la BSS, dans le cadre de missions conventionnelles ou au profit des forces spéciales.
Second hélicoptère dans le viseur du CEMAT, le Tigre, qui présenterait “des difficultés dans l’exploitation de la documentation électronique”. Le taux de disponibilité des Tigre plafonne à 17,4% fin 2014 pour un parc de 44 appareils, contre 34% en 2011, pour une flotte de 35 hélicoptères.
Enfin, la problématique de la rénovation des Cougar, qui font face à un “ralentissement des chaînes industrielles” et une durée d’intervention “passant du simple au double”, ce qui n’est pas sans poser quelques difficultés. Le taux de disponibilité des Cougar ne dépasse pas en effet les 14,5% en 2014, le parc étant en partie immobilisé pour rénovation. Ce taux atteignait par ailleurs les 35% en 2011.
Pour tenter de pallier ces difficultés, le patron de l’armée de terre a identifié plusieurs pistes, des “bonnes pratiques”, comme il les a nommées. Tout d’abord, le rapprochement du MCO avec celui de l’armée de l’air : “Nous nous sommes notamment aligné sur le ravitaillement en pièces détachées de l’armée de l’air, qui le pratique depuis toujours en s’appuyant sur les compagnies civiles”. De quoi accélérer l’envoi des pièces manquantes sur les différents théâtres.
Seconde manoeuvre, des améliorations pratiques, comme l’installation de tapis sur les pistes de la BSS, “pour éviter aux hélicoptères de se poser dans la poussière”. De “petits détails”, qui ont “leur importance” et qui devraient logiquement permettre à la fois d’améliorer le taux de disponibilité des appareils, mais aussi, à plus long terme, de rallonger leur durée de vie.
Enfin, la loi de programmation militaire prévoit une “homogénéisation des flottes”, dans laquelle le général Bosser voit la possibilité de “faciliter le soutien” des appareils. Cependant “la marge de manoeuvre repose beaucoup sur l’industrie, et nous devons en discuter”.








