Alors que Qatar Airways a célébré la livraison de son premier A350 dans son hub de Doha le 7 janvier, Akbar Al Baker et Didier Evrard, responsable des programmes chez Airbus, sont revenus sur le rôle déterminant de la compagnie qatarie dans la définition de l’appareil. En tant que cliente et opératrice de lancement ainsi que plus importante cliente avec 80 appareils en commande, Qatar Airways a « mis l’A350 sur les rails », a rappelé son PDG, et participé activement au développement.
Didier Evrard explique que « pour la première fois, Airbus a développé une offre basée sur un catalogue d’équipements pour la cabine pour l’A350 et défini des zones de cabine avec une flexibilité d’aménagement. Ceci pour éviter les problèmes industriels que nous avions rencontré sur les programmes précédents. » L’avionneur a ainsi créé un « airline office », avec plusieurs compagnies, Qatar Airways en tête, travaillant en continu sur les solutions proposées en cabine.
Cette collaboration a en effet principalement concerné les domaines où l’humain intervient dans l’exploitation. « Notre travail n’est pas de dire comment un moteur doit être conçu ou comment construire un avion. Notre travail est de dire ce que doit abriter un avion », ajoute Akbar Al Baker.
« Nous voulions un avion très spécifique à Qatar Airways. » La compagnie a ainsi apporté plusieurs idées à Airbus, comme la configuration des galleys dans lesquels chaque article doit être dans une position adéquate, la localisation des compacteurs de déchets, leur fonctionnement et leur capacité, la hauteur des plafonds, ce qu’il doit y avoir dans les toilettes, comment doivent y être disposés les produits… « Tout ceci a été décidé sous l’impulsion de Qatar Airways. » La compagnie est également intervenue dans le cockpit, sur sa configuration, son ergonomie et l’interface homme-machine.
Si le CEO de Qatar Airways se considère comme « l’avocat du passager », la compagnie a également eu une influence sur certains aspects industriels. Déjà en exigeant un appareil plus innovant que la version initialement proposée de l’A350, qui a conduit au lancement de la famille A350XWB. Par ailleurs, elle et ses partenaires de l’airline office ont donné leurs « priorités qui ont augmenté les préoccupations opérationnelles dans un monde d’ingénieurs. »
Un effort nécessaire pour Didier Evrard, pour obtenir « un avion le plus mûr possible lors de l’entrée en service, le plus ‘maintenable’ possible. Avec la technologie carbone, on a réduit les opérations de maintenance au strict minimum. Ce qu’il reste à faire, derrière les opérations, il faut le faire très vite donc on a vraiment besoin d’être interactifs avec les compagnies pour optimiser ces opérations. » Une stratégie dont Airbus pourra évaluer l’efficacité à partir du 15 janvier, date du premier vol commercial de l’A350 entre Doha et Francfort.








