La date butoir se rapproche et, comme prévu, la Thaïlande ne pourra pas corriger toutes ses défaillances dans la surveillance de son aviation civile. Selon les informations du Bangkok Post, le ministre des Transports s’apprête donc à plaider auprès de l’OACI pour un report de cette date du 18 juin à la mi-juillet.
Après un audit du système aérien thaïlandais en janvier, l’organisation de l’aviation civile internationale a annoncé qu’elle était très préoccupée au sujet de la sûreté en Thaïlande, notamment dans les domaines de la délivrance des certificats opérationnels et le transport de matières dangereuses. Le pays risque donc d’être rétrogradé si le département de l’aviation civile (DCA) ne parvient pas à apporter les mesures correctrices à temps.
Ces mesures doivent être présentées le 15 juin et l’OACI doit rendre sa décision le 18 juin. On compte parmi elles une restructuration du DCA, une révision du système de certification des compagnies, une révision des manuels d’inspection et le recrutement et la formation de nouveaux inspecteurs – leur nombre a quadruplé, passant de neuf à 40, pour une quarantaine de compagnies.
Désireuse de promouvoir son industrie touristique, la Thaïlande s’est en effet laissé déborder par la multiplication des vols et des créations de compagnies aériennes, sans que les effectifs du DCA ne suivent la croissance du trafic. En réaction, la Thaïlande envisage de limiter ses accords de ciel ouvert et va surtout inspecter ses compagnies aériennes selon de nouvelles règles et prendre des mesures allant jusqu’à la suspension des licences de celles qui ne satisfont pas aux standards de sûreté. Le gouvernement espère que ce durcissement de politique convaincra l’OACI de sa motivation et l’amènera à lui laisser plus de temps.
A l’annonce du résultat du premier audit de l’OACI, le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont posé des restrictions sur les opérations des compagnies thaïlandaises – bannissant les vols charters et interdisant l’ouverture de nouvelles liaisons – qui ont par la suite été adoucies. Mais une rétrogradation dans le classement OACI aurait un impact beaucoup plus important et étendu à toutes les compagnies et tous les types d’opérations, y compris régulières. Des discussions sont déjà engagées avec Thai Airways, qui les subirait de plein fouet.







