Le plus petit des trois grands groupes européens est aussi le plus performant. IAG a publié ses résultats pour le troisième trimestre à la fin du mois d’octobre et, fort d’avoir entrepris sa restructuration plus tôt que ses concurrents, affiche une santé remarquable dans un secteur plutôt à la peine.
Le groupe abritant British Airways, Iberia et Vueling a enregistré un bénéfice opérationnel de 900 millions d’euros au troisième trimestre (hors éléments exceptionnels). Ce même bénéfice opérationnel atteint 1,13 milliard d’euros sur les neufs premiers mois de l’année – quand ceux de Lufthansa et d’Air France-KLM atteignent respectivement 1,004 milliard et 40 millions d’euros.
IAG est également le seul groupe parmi les trois à ne pas revoir à la baisse ses prévisions concernant son résultat opérationnel. Au contraire, il estime désormais qu’il devrait se monter à entre 1,32 et 1,37 milliard d’euros (contre 1,27 milliard initialement prévu).
« Nous avons continué à augmenter nos capacités de façon efficace et nos performances ont été solides en termes de coûts unitaires hors carburant et avec carburant, renforcées par l’introduction de nouveaux appareils qui consomment moins dans notre flotte », a expliqué Willie Walsh, le CEO du groupe IAG. Avant de détailler les résultats par compagnie.
British Airways en croissance grâce au long-courier et notamment l’Amérique du Nord
« British Airways a réalisé un bénéfice opérationnel de 607 millions d’euros, contre 477 millions d’euros l’année dernière, et a augmenté ses capacités tout en restant concentrée sur le contrôle de ses coûts. » La compagnie anglaise a profité pleinement du profil de son réseau, concentré sur le Royaume-Uni et l’Amérique du Nord, deux régions en croissance – contrairement à la France et l’Allemagne, comme le reconnaît Willie Walsh. Son développement moins important sur l’Asie a par ailleurs réduit son exposition au ralentissement de la croissance sur le continent et à la situation de surcapacité qui a davantage touché ses deux concurrentes européennes.
Par ailleurs, la flotte de la compagnie britannique a pris un coup de jeune avec l’introduction des A380 et 787 depuis un an, qui contribuent à l’amélioration de sa consommation de carburant.

Iberia, « star performer » ce trimestre
« Le bénéfice opérationnel d’Iberia a atteint 162 millions d’euros, comparé à 74 millions d’euros l’année dernière, ce qui prouve sa grande discipline dans le contrôle de ses coûts combinée aux bénéfices de la restructuration. » En grande difficulté au début de la décennie (elle perdait un millions d’euros par jour en 2012), Iberia est passée par une restructuration drastique, que Willie Walsh a qualifiée « d’un peu cruelle mais nécessaire », qui lui a déjà coûté près de 3 150 postes en deux ans, la moitié de sa flotte et une bonne partie de son réseau. Un nouveau plan de départs volontaires vient d’être ouvert qui vise la suppression de 1 500 postes supplémentaires (PNT et sol).
Malgré tout, Iberia remonte la pente et l’amélioration de ses résultats est solide. La compagnie se replace donc dans une optique de croissance, qui a déjà commencé avec la réouverture de la liaison vers Montevideo et le lancement d’une ligne vers Saint-Domingue. IAG a également commandé de nouveaux appareils long-courrier pour renouveler sa flotte : elle intègrera huit A330 et huit A350 d’ici 2018. De quoi lui permettre de se consolider avant de reprendre son expansion. Celle-ci devrait davantage passer par des augmentations de fréquences que par l’ouverture de nouvelles lignes, même si quelques opportunités pourraient être saisies, notamment en Asie.
Vueling, un résultat stable malgré une forte croissance
« Vueling a poursuivi sa croissance, en ouvrant de nouvelles bases en Italie et en Belgique, et a enregistré un bénéfice opérationnel de 140 millions d’euros, contre 139 millions d’euros l’année dernière. » Pour le moment, IAG n’a que des raisons de se féliciter d’avoir intégré Vueling en 2013. Le groupe s’est ainsi doté d’une vraie low-cost capable de lutter contre Ryanair et easyJet, une arme dont Air France-KLM et Lufthansa ont tardé à se doter et qu’ils ne commencent à développer que maintenant.
Si le résultat opérationnel de la compagnie n’a pas évolué, c’est parce que son réseau s’est fortement développé, notamment avec l’ouverture des bases de Rome Fiumicino et Bruxelles. Une tendance qui devrait se poursuivre puisque la low-cost va intégrer quinze nouveaux appareils dans les prochains mois et a annoncé une augmentation de ses capacités de 19% l’été prochain.








