Lufthansa a de l’ambition pour Eurowings. Le groupe veut faire d’elle « la troisième compagnie point à point en Europe », indique Carsten Spohr, son président. La stratégie pour y parvenir a déjà été longuement présentée mais de nouveaux détails ont été évoqués lors de la conférence annuelle de Lufthansa le 12 mars.
La nouvelle Eurowings va donc rassembler sous son aile l’actuelle Eurowings, Germanwings et une partie des activités de SunExpress à compter de la fin de l’année. La compagnie gèrera ainsi plus de 80 appareils sous sa marque – les 59 A319/320 de Germanwings, les 23 CRJ900 et A320 d’Eurowings et les deux A330-200 opérés par SunExpress. Un nombre qui devrait être « à trois chiffres l’année prochaine. »
L’objectif avec Eurowings est également de doter l’Europe de sa low-cost long-courrier, au même titre que Scoot en Asie et Rouge en Amérique du Nord.
En ce qui concerne Germanwings, le modèle s’est révélé un succès et la compagnie devrait être bénéficiaire en 2015 (hors impact d’une éventuelle grève), rétablissant la rentabilité du secteur moyen-courrier du groupe Lufthansa. Toutefois, ses coûts sont encore trop élevés et elle est appelée à être absorbée par Eurowings. Un avenir qui n’est pas inéluctable : « si nous réussissons à ramener les coûts de Germanwings au niveau de ceux d’Eurowings (et donc ceux d’easyJet et des autres low-cost) dans les négociations des prochains mois, on peut imaginer que Germanwings ne sera pas vidée aussi vite que prévu mais qu’elle exploite toujours 59 avions en 2020. »
Enfin, Carsten Spohr n’exclut pas qu’Eurowings puisse se rapprocher d’autres compagnies : « je suis persuadé que le nombre de compagnies en Europe diminuera beaucoup dans les prochaines années, et notamment dans le secteur low-cost. Quand ce processus sera engagé, Eurowings ne restera pas à regarder et y prendra part. Mais c’est encore trop tôt. »








