Air France-KLM a publié ses résultats annuels le 19 février. Ils font état d’une dégradation générale des comptes : chiffre d’affaires en baisse de 2,4% (stable à données comparables) à 24,9 milliards d’euros, résultat d’exploitation qui redevient déficitaire de 129 millions d’euros (contre 275 millions de bénéfices en 2013) et résultat net négatif de 198 millions d’euros.
Pourtant, le groupe a réussi à réduire ses coûts de 0,7% sur l’année (de 1,7% à données comparables). L’activité point-à-point montre même des signes de redressement, avec des pertes d’exploitation quasiment divisées de moitié.
Des indices que le plan Transform a porté ses fruits, selon Alexandre de Juniac, le PDG du groupe. « En dépit d’un contexte économique et concurrentiel difficile, corrigé de l’impact de la grève des pilotes d’Air France, l’excédent brut d’exploitation aurait progressé de plus de 50% en 3 ans, et le cash-flow d’exploitation aurait fait plus que tripler pour atteindre près de 1,5 milliard d’euros. »
Mais Air France-KLM doit se contenter de conditionnel. Cette fameuse grève a eu un impact de 425 millions d’euros sur l’EBITDA et retardé le retour à une marge opérationnelle. A cela se sont ajoutées une dégradation de la recette unitaire depuis l’été, provoquée notamment par une situation de surcapacité vers l’Asie et particulièrement prononcée en Amérique latine, et l’évolution défavorable des taux de change.
Pas d’espoir du côté du carburant
« Nous n’anticipons pas de gain important lié à la baisse du carburant », a par ailleurs indiqué Alexandre de Juniac. Le phénomène observé depuis la fin de 2014 aura un impact positif sur les comptes puisque la facture pour 2015 devrait être réduite de 1,5 milliard de dollars par rapport à celle de 2014 – en tenant compte des couvertures, 62% de la consommation de 2015 étant déjà couverte.
Cependant, le « renforcement du dollar provoque un renchérissement du pétrole » en parallèle, explique Pierre-François Riolacci, directeur financier d’Air France-KLM. Ainsi, ramenée en euros, l’économie n’est plus que de 300 millions d’euros. Un montant qui pourrait achever d’être absorbé par la pression sur la recette unitaire.





