Les avionneurs, qui ne rencontrent pas de réelles difficultés de recrutements, mettent en place des dispositifs innovants pour venir en aide aux PME sous-traitantes, qui peinent à trouver des candidats qualifiés sur des métiers industriels souvent en perte de vitesse.
« ATR, comme Airbus, ne manque pas d’attractivité. Pour nous, c’est relativement facile aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier que la chaîne de fournisseurs souffre d’un manque d’attractivité. Notre responsabilité, en tant qu’avionneurs, est de les aider en passant des messages à moyen terme avec des professionnels de la profession aéronautique, au GIFAS tout particulièrement, pour structurer la formation et donner envie à nos jeunes d’aller dans ces filières industrielles. Aujourd’hui, clairement, il y a un déficit de compétences, un déficit d’envie pour aller vers ces métiers », témoignait Thierry Casale, directeur des opérations d’ATR, sur le site Internet toulousain objectifnews.com en juillet dernier.
Ainsi, Airbus, à travers son école de formation, aide ses sous-traitants à recruter. Le 19 juin dernier, l’avionneur européen, en partenariat avec Pacte PME, l’UIMM Midi-Pyrénées et la DIRECCTE Midi-Pyrénées, a organisé la journée « Carnet de vol Alternance » permettant de mettre en relation ses alternants et les PME/PMI aéronautiques qui recrutent. L’événement s’est traduit par des entretiens de 25 minutes, durant lesquels les candidats tentaient de convaincre l’employeur. Tous les métiers industriels de différents niveaux de qualification y étaient alors représentés : des métiers de production (ajusteur-monteur, câbleur, opérateur CN/composite, ingénieur production…), à ceux liés aux ressources humaines, en passant par les métiers support (qualité/essais/contrôle…).
Pourquoi les jeunes diplômés préfèrent-ils les donneurs d’ordre ?
Dans son « Étude sur les besoins prospectifs en ressources humaines du secteur aéronautique et spatial » de juin 2012*, le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) évoque trois raisons pouvant expliquer le manque d’attractivité des PME : premièrement, la supply chain « bénéficient d’une moindre notoriété que les grands donneurs d’ordre », deuxièmement elle offre des postes moins valorisés, « car les pièces qu’elles produisent ne se relient pas toujours de manière très visible au produit final », enfin, les PME proposent des salaires moins attrayants que les grands industriels aéronautiques, « car elles disposent de moins de moyens financiers que les donneurs d’ordre. »
De son côté, Karine Riols, manager Ingénierie et Industrie chez Expectra à Toulouse et spécialiste de l’aéronautique dans la région Midi-Pyrénées, explique que «les donneurs d’ordre attirent plus les jeunes diplômés car, en général, ils sont davantage connus que les sous-traitants et jouissent de ce fait d’une image plus forte auprès du grand public. Toutefois, les pénuries ne sont pas forcément les mêmes chez les sous-traitants et les donneurs d’ordre, il existe un certain équilibre. »
(*) Étude sur les besoins prospectifs en ressources humaines du secteur aéronautique et spatial « Rapport de la première analyse : identification et qualification des métiers en forte probabilité de tension », juin 2012. Étude réalisée dans le cadre des travaux menés par l’Observatoire de la Métallurgie et à la demande du GIFAS et par le Cabinet Ambroise Bouteille. https://www.gifas.asso.fr/fr/pages.php?tab=emplois_et_formations&sub=3








