Des élèves membres du Cercle Aéronautique de l’Estaca (CAE), association d’étudiants de l’école d’ingénieurs, lancent un projet innovant : assembler et remotoriser un Zenair CH 701 au GPL. A travers ce projet, baptisé « Corali », leur objectif est d’« ouvrir les portes du pilotage au plus grand nombre », en réduisant le coût de l’heure de vol à 50 euros. « Ce projet est né en 2012 à partir du constat suivant : beaucoup d’étudiants de l’Estaca souhaitent piloter, se former au pilotage ou découvrir le vol, mais les heures de vol en aéroclub coûtent trop cher,environ 80 euros l’heure », explique Pierre Sautereau, étudiant en 5e année et responsable du projet.
Pour ce faire, le groupe d’une quinzaine d’étudiants s’est associé à des élèves mécaniciens du CFA des Métiers de l’Aérien de Massy. Ces derniers, dans le cadre de leur formation, vont se charger de l’assemblage de l’ULM. Les éléments de l’avion ont été fournis par l’université d’Évry. « La construction de l’avion a commencé il y a 3 semaines à La Courneuve, sur le site d’Airbus Helicopters. Il devrait voler courant juillet 2015, une fois que toutes les phases de tests en vol et au sol auront été réalisées », continue Pierre Sautereau.
Deux grands industriels de l’aéronautique, Dassault Aviation et Safran, ont été déjà séduits par ce projet qualifié d’« innovant, écologique et économique ». Ils apportent leur soutien financier et technique aux étudiants (étude de faisabilité, prévention des risques…).
Le GPL, un carburant écologique et économique
Après avoir fait le tour des solutions de remotorisation, il s’est avéré que le GPL était le mieux adapté à leur projet pour plusieurs raisons. « Tout d’abord, pour son aspect écologique. En effet, ce carburant d’origine fossile, le plus propre du marché, rejette très peu d’oxyde d’azote (NOx), et aucune particule fine. Son rejet de CO2 est 15 % inférieur à celui de l’essence. De plus, il est économique, puisqu’il est 45 % moins cher que l’essence », indique Charlotte Kopp, étudiante en 4e année et responsable de la communication du projet Corali.
Si ce projet est innovant, la remotorisation d’un avion léger au GPL n’est pas une première. En 1982, Reims Aviation s’y était notamment essayé avec un F152 équipé d’un moteur au GPL. Le projet fut abandonné après le premier vol en septembre de la même année.
Un projet estimé à 22 000 euros
Pour permettre au projet de voir le jour, les étudiants ont besoin de 22 000 euros. Une partie de cette somme, qui leur servira notamment à remplacer des pièces défectueuses et à remotoriser l’appareil, a déjà été réunie grâce au soutien financier de Dassault Aviation et Safran qui apporte chacun « entre 2 000 et 3 000 euros ». Les étudiants bénéficient également de l’aide de leur école.
Ils sont actuellement à la recherche active de nouveaux sponsors, notamment des motoristes de l’aviation légère.








