La dernière consultation sur les suppressions d’emplois prévues au sein des activités spatiale (ex-Astrium) et défense (ex-Cassidian) d’Airbus Group s’est tenue le 23 mai dernier. Pour autant, les négociations ne sont pas terminées puisque les syndicats et la direction vont entamer des discussions sociales en vue de trouver un accord de compétitivité.
Même si la phase d’information et consultation formelle s’est terminée le 23 mai dernier, les syndicats d’Astrium et Cassidian continuent à manifester leur opposition quant aux suppressions de postes annoncées dans le cadre du regroupement des activités défense, espace et militaire au sein d’une même division, Airbus Defence & Space (ADS).
Au total, 5 290 postes sont visés en Europe au sein de la nouvelle entité, dont 1 200 en France. Dans un communiqué de presse, la CFE-CGC fait part de son incompréhension quant aux suppressions d’emplois au sein d’Astrium, qui a enregistré « un grand nombre de contrats depuis mi-2013 ». « La seule menace réelle qui aurait pu amener à des réductions d’effectifs aurait été une remise en cause de la Loi de Programmation Militaire », indique le syndicat. Les très bons résultats d’Astrium avaient permis, début mai 2014, de baisser de 174 le nombre total d’emplois supprimés, passant ainsi de 779 postes à 605 en France.
Chez Cassidian, la situation est toute autre. L’entreprise « fait face à une baisse importante de son carnet de commandes », précise la CFE-CGC. « La société est dans le rouge depuis plusieurs années », reconnaît J-L Da Ros, délégué syndical de Cassidian, conscient que les suppressions de postes prévues au sein de l’entreprise sont inévitables. Au total, 394 équivalents temps plein sont concernés. Selon J-L Da Ros, 104 personnes ont déjà quitté volontairement la société depuis l’automne 2013. Il reste donc 290 emplois à supprimer en deux ans et demi.
Après fin 2016, les départs ne seront plus volontaires mais contraints au sein des deux entreprises.
La DIRECCTE a 21 jours pour se prononcer
Après les consultations, la direction d’Airbus Group a transmis les deux plans sociaux à la DIRECCTE, l’administration du travail chargée d’homologuer les PSE, plans de sauvegarde de l’emploi. Elle doit statuer sous 21 jours. Les syndicats d’Astrium sont allés à la rencontre de la DIRECCTE pour notamment dénoncer les suppressions de postes forcées prévues après 2016.
La compétitivité au cœur des prochaines réunions de négociations
Par ailleurs, des discussions sociales sur la compétitivité vont être prochainement engagées, probablement à l’automne prochain d’après J-L Da Ros. Il sera alors question de l’augmentation du temps de travail. « La CFE-CGC est prête à prendre sa place autour de la table afin de défendre l’intérêt des salariés dans cette négociation », indique l’organisation syndicale. « Le risque de délocalisations de fonctions support est présent dans tout le groupe Airbus : la CFE-CGC AED [Airbus Espace et Défense, ndlr] sera aussi attentive à la tentation qui pourrait émerger, d’un transfert de charges d’Airbus, de la France vers des pays qui pourraient être impactés par la baisse de leurs marchés de défense nationaux », poursuit le syndicat.
Les suppressions de postes liées aux synergies jugées inacceptables
L’un des points épineux sur lesquels les syndicats et la direction s’accrochent, concerne les suppressions d’emplois liées aux synergies dans les fonctions techniques entre Cassidian et Astrium. « Avant l’entrée en vigueur de la nouvelle organisation qui va les rassembler dans Airbus Espace et Défense, la CFE-CGC AED est vigilante pour ce qui va concerner les suppressions de postes sur les activités communes aux deux entités ». Les syndicats dénoncent ces suppressions dans la mesure où les deux sociétés ont des activités très différentes.
Dans le cadre de sa transformation, Airbus Group a annoncé 5 800 suppressions de postes en Europe, dont 5 290 au sein d’Airbus Defence & Space (ADS) et 514 au sein des fonctions centrales (ressources humaines, communication, finances…).








