• SE CONNECTER
S'ABONNER
Le Journal de l'Aviation
  • Industrie aéronautique
  • Transport aérien
  • MRO & Support
  • Défense
  • Emploi & Formation
No Result
Voir tous les résultats
Le Journal de l'Aviation
  • Industrie aéronautique
  • Transport aérien
  • MRO & Support
  • Défense
  • Emploi & Formation
No Result
Voir tous les résultats
Le Journal de l'Aviation
 

Le Journal de l'Aviation » Industrie aéronautique » Entretien avec Matthieu Louvot, vice-président Soutien et services clients d’Airbus Helicopters

Entretien avec Matthieu Louvot, vice-président Soutien et services clients d’Airbus Helicopters

Léo Barnier Léo Barnier
7 décembre 2017
dans Défense & Espace
Matthieu Louvot

Matthieu Louvot

Le contraste entre les salons MRO Europe et Helitech, colocalisés à Londres en octobre dernier, était saisissant : alors que l’exposition consacrée à la maintenance affichait un fort dynamisme, celle consacrée à l’hélicoptère semblait encore affectée par la crise qui touche le secteur depuis plusieurs années. Présent à la croisée de ces deux mondes, Matthieu Louvot, vice-président exécutif Soutien et services clients d’Airbus Helicopters, fait le point sur la structuration de cette branche chez l’hélicoptériste européen, ainsi que les conséquences de la crise sur son activité.

Que représente l’activité de soutien aux clients chez Airbus Helicopters ?

Un hélicoptère vole en moyenne une quarantaine d’années dans des conditions difficiles. Il y a un gros effort d’accompagnement à faire. C’est un moteur important chez nous et nos clients. L’activité de soutien représente environ 50 % de notre chiffre d’affaires, avec six mille personnes dédiées. Trois mille sont basées en France et en Allemagne et trois mille dans le reste du monde, notamment aux États-Unis, au Brésil et en Chine. Nous avons des filiales avec des centres de services dans une trentaine de pays.

Nous avons cinq grandes familles de services chez Airbus Helicopters : la MRO et l’amélioration des cellules et des équipements, la gestion des pièces détachées, le soutien technique avec les « tech reps » (représentants techniques, NDLR), la formation des techniciens et des pilotes, et les services connectés avec de l’analyse de données, de l’automatisation et de l’optimisation de services.

Quels sont vos axes de travail pour améliorer votre offre ?

Nous avons lancé un plan de transformation en 2013, qui s’articule autour de la qualité, la compétitivité et la satisfaction du client. Cette dernière est basée sur l’amélioration de la performance opérationnelle des services. Nous avons ainsi divisé par cinq le nombre de pièces livrées en retard. Pour y arriver, nous avons travaillé sur le stock et mis en place un système informatique pour optimiser les processus de livraison. Nous y avons intégré notre trentaine de filiales pour avoir une visibilité sur les pièces et leur circulation. Nos tech reps rendent visite au moins une fois par an à leurs clients, ce qui permet d’améliorer notre réactivité dans les réponses techniques.

Il y a deux ans, nous avons restructuré notre offre de services HCare, avec des contrats plus simples et plus compétitifs. Nous avons baissé les prix et amélioré les conditions financières d’accès à cette offre avec une diminution du tarif d’entrée. Pour un Écureuil, cela peut donner un prix de l’ordre de 150 euros à l’heure de vol. Nous avons aussi réduit le minimum d’heures de vol annuelles de 150 à 100.

Les offres de gestion des pièces ont été simplifiées avec HCare Smart, qui propose des services PBH (Parts by-the-Hour, accès au stock de pièces d’Airbus Helicopters), RBH (Repair by-the-Hour, stock chez le client) et EBH (Exchange by-the-Hour, stock chez le client et échange de pièces pendant la maintenance programmée) et FBH (Full by-the-Hour). Nous avons aussi lancé l’offre HCare Infinite, avec un contrat basé sur un taux de disponibilité.

Airbus s’est lancé dans une stratégie de transformation numérique. Comment cela se concrétise-t-il pour vous ?

Avec les services connectés, nous permettons aux clients de passer du papier au numérique. Ils peuvent ainsi suivre l’évolution des paramètres de leur flotte, avec des services comme les registres numériques Fleet Keeper, déjà validés par la DGAC. Les fiches des équipements seront aussi numérisées à partir de fin 2018. Une phase de test aura d’abord lieu au début de l’année.

A partir de ces données, Airbus Helicopters développe un service d’analyses. Nous avons lancé FlyScan au printemps 2017, pour développer la maintenance prédictive à partir des données collectées par les HUMS (systèmes de surveillance de l’état et de l’utilisation). Cela permet une amélioration de la fiabilité opérationnelle et une baisse de la charge de maintenance. Il sera disponible sur l’ensemble des machines équipées de HUMS, une option disponible sur tous les bimoteurs Airbus Helicopters.

L’opérateur reste propriétaire de ces données et les met à notre disposition. C’est cette compilation de données permet de détecter les signaux faibles. Nous pourrons aussi retrouver plus facilement les cas similaires avec de l’exploration de données, améliorer notre réactivité et notre démarche d’amélioration continue.

Encore faut-il que le reste des acteurs – opérateurs, sociétés de maintenance, etc. – suivent cette évolution numérique pour que la démarche soit efficace ?

Notre réseau de représentants en Europe et aux Etats-Unis travaille avec leurs partenaires locaux pour les aider à s’améliorer et leur faire bénéficier de toutes les améliorations permises par les outils numériques. Nous voulons aussi les développer en Chine, en Australie, au Brésil, etc. Nous avons ainsi renforcé nos partenariats avec les centres de services que nous avons agréés.

Comment se répartit l’activité de MRO entre vous et les entreprises spécialisées ?

Airbus Helicopters réalise environ un quart des opérations de maintenance avec ses filiales. Le reste est fait par les opérateurs et les entreprises agréées, notamment la maintenance en ligne. Beaucoup d’opérateurs ont encore leur atelier, avec des compétences importances pour la maintenance de premier et de deuxième niveau.

Pour la maintenance en ligne, Airbus Helicopters est surtout positionné sur les marchés émergents, encore peu structurés. Nous sommes davantage focalisés sur les grandes visites et les chantiers d’amélioration, même s’il y a des opérateurs qui sont à même de les réaliser.

Frappé par la crise de l’industrie pétrolière, le marché de l’hélicoptère est à la peine depuis plusieurs années. Comment cette baisse d’activité se répercute-t-elle sur le soutien ?

Il y a environ 12 000 hélicoptères Airbus en service à travers le monde. Ce nombre est en croissance, même s’il augmente moins vite ces dernières années. Le marché a subi la crise de l’offshore et les compagnies ont optimisé leurs flottes. Nous estimons que le marché va reprendre dans les prochaines années, notamment avec les H175 et les H160. Les machines légères aident un peu à compenser. Les H135 et H145 continuent de connaître un succès commercial très important, avec des contrats de soutien inclus.

La crise de l’offshore a eu un impact moins brutal sur le nombre d’heures de vol, qui continue à croître doucement. Cela a tout de même un effet très immédiat sur l’offre de services HCare et les contrats à l’heure de vol (PBH, EBH, RBH, FBH).

Avez-vous mis en place des initiatives particulières pour améliorer la situation ?

Nous gardons la même stratégie avec l’ouverture de nouveaux services. Nous avons introduit cette année un catalogue en ligne de l’ensemble des améliorations disponibles en propre et chez nos filiales. Il comprendra plus de 1 000 références d’ici la fin de l’année, avec les suppléments au certificat de type (STC) et les bulletins de service (SB). Il sera aussi possible de passer des commandes en ligne.

L’activité est très sensible au marché de seconde main. Nous regardons si les appareils d’occasion trouvent rapidement preneur. Pour fluidifier ce marché, nous avons développé une offre de reprise pour certains opérateurs.

Airbus Helicopters encourage aussi le transport par hélicoptères, avec des projets comme Voom à São Paulo (Brésil). C’est un service d’hélicoptère à la demande qui se fait via une plateforme Internet depuis six mois. Cela amène une hausse de la demande. Nous allons encourager le développement de nouvelles plateformes.

Il y a davantage de changements sur le marché militaire, où nous proposons désormais des engagements sur de hauts niveaux de disponibilité à nos clients.

Justement, le faible taux de disponibilité des hélicoptères dans les armées françaises fait débat. Comment la situation évolue-t-elle ?

La situation de la disponibilité est plutôt en amélioration du côté des flottes françaises (ALAT, Marine nationale et armée de l’Air). Nous participons au plan d’action hélicoptères en partenariat avec la DGA, la SIMMAD et les états-majors. Airbus Helicopters a ainsi contribué à améliorer les plans de maintenance et à augmenter les intervalles entre les visites. Nous avons réduit les cycles de réparation des composants de 20 % sur Tigre et sur NH90. Il y a eu aussi un travail de simplification de la documentation constructeur, notamment sur le NH90. Cela passe maintenant dans la documentation opérationnelle.

Ces plans sont compliqués à mettre en place avec beaucoup d’acteurs impliqués. Il faut régler tous les leviers à la fois. Mais l’évolution positive sur les derniers mois. Nous ne sommes pas encore au bout, mais nous avons déjà fait une partie du chemin.

LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE

L'essentiel de l'actualité aéronautique directement dans votre messagerie.

Désabonnement à tout moment grâce au lien de désinscription en bas des e-mails. Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Merci de vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire de messages indésirables pour confirmer votre inscription à nos newsletters.

Mots clés : Airbus Helicopters

À lire également

Contrats de défense

Avions de combat : Israël approuve l’acquisition de nouveaux F‑35I et F‑15IA auprès de Lockheed Martin et Boeing

6 mai 2026

Le ministère israélien de la Défense a validé un programme d’acquisition de deux nouveaux escadrons...

En Bref

L’Argentine négocie l’acquisition de deux ravitailleurs KC-135 pour sa nouvelle flotte de F-16

5 mai 2026

L'Argentine souhaite acquérir deux Boeing KC-135R Stratotanker destinés à soutenir sa nouvelle flotte de chasseurs...

Copyright Saab

La Hongrie réceptionne deux nouveaux Gripen C pour renforcer sa chasse

5 mai 2026
© Embraer

Les Emirats Arabes Unis optent pour le C-390 d’Embraer

4 mai 2026
© Embraer

Embraer détient un carnet de commandes record au 1er trimestre

29 avril 2026
© Airbus

Airbus pâtit de la baisse des livraisons au premier trimestre

29 avril 2026

L'actualité aéronautique en continu

Nouvelle année record pour Emirates malgré le conflit en Iran

7 mai 2026

EJS va acquérir le dernier Airbus A330-200 d’Air Caraïbes

7 mai 2026

Lufthansa Technik : une croissance soutenue au 1er trimestre, mais des pressions externes qui persistent

7 mai 2026

FlyOne Armenia va acquérir deux Airbus A321neo

7 mai 2026

MRO : Bird Aviation signe un contrat de maintenance lourde de trois ans avec KM Malta Airlines pour ses Airbus A320neo

7 mai 2026

La sélection de la rédaction

Une union entre United Airlines et American Airlines aurait créé une compagnie avec une flotte de plus de 2 000 avions. © United Airlines

Une fusion United-American avait-elle vraiment la moindre chance ?

30 avril 2026
Safran Aircraft Engines a la maîtrise complète de la forge, avec la boucle froide. L'usine de Gennevilliers dispose ainsi d'un atelier capable de tester les pièces par ressuage, par courant de Foucault, par ultrasons mais aussi par des attaques chimiques. Photo Copyright Le Journal de l'Aviation

Pourquoi l’usine historique Safran de Gennevilliers est au cœur des enjeux des prochaines montées en cadences des moteurs civils et militaires

23 avril 2026
Exemples de quelques indicateurs fournis à l'OSAC par SixFoisSept. Captures Copyright SixFoisSept

Comment SixFoisSept priorise les inspections de l’OSAC en prédisant le risque grâce à l’intelligence artificielle

23 avril 2026
Photo Copyright Le Journal de l'Aviation - tous droits réservés

L’EDITO. Plein gaz vers des pénuries de kérosène

16 avril 2026
Copyright Airbus

Airbus dévoile un nouveau concept de cabine First pour l’A350-1000

14 avril 2026
  • Qui sommes-nous ?
  • Nous contacter
  • Partenaires
  • Mentions légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • Cookies

Copyright © 2025 LE JOURNAL DE L'AVIATION - tous droits réservés - Le Journal de l'Aviation, média français de référence couvrant l'actualité de l'industrie aéronautique, l'aviation commerciale, l'aviation d'affaires, les services MRO et après-vente, le financement et la location d'aéronefs civils, l'aéronautique de défense et l'industrie spatiale. Toute reproduction, totale ou partielle et sous quelque forme ou support que ce soit, est interdite sans autorisation écrite spécifique du Journal de l’Aviation.

ESPACE ABONNÉ

Connectez-vous pour avoir accès à tous les articles payants du Journal de l'Aviation.

Mot de passe oublié ?

Mot de passe oublié

Veuillez saisir votre identifiant ou adresse e-mail. Vous recevrez un lien par e-mail pour créer un nouveau mot de passe.

SE CONNECTER
Le Journal de l'Aviation se soucie de votre vie privée
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Gérer les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
No Result
Voir tous les résultats
  • SE CONNECTER
S'ABONNER
  • Toute l’actualité aéronautique
  • Industrie aéronautique
  • Transport aérien
  • MRO & Support
  • Défense & Espace
  • Emploi & Formation
  • Décarbonation de l’aviation
  • Les Éditos
  • Les Focus
  • Les Interviews
  • Les Reportages
  • Les Podcasts
  • Le Prix des Femmes de l’Aéro & du Spatial

Copyright © 2025 LE JOURNAL DE L'AVIATION - tous droits réservés - Le Journal de l'Aviation, média français de référence couvrant l'actualité de l'industrie aéronautique, l'aviation commerciale, l'aviation d'affaires, les services MRO et après-vente, le financement et la location d'aéronefs civils, l'aéronautique de défense et l'industrie spatiale. Toute reproduction, totale ou partielle et sous quelque forme ou support que ce soit, est interdite sans autorisation écrite spécifique du Journal de l’Aviation.