Décidément, Lars Wagner n’a pas mâché ses mots lors de sa rencontre avec une trentaine de journalistes à Toulouse à l’occasion du Commercial Aircraft Media Briefing. À peine 10 mois après son arrivée à la tête des avions commerciaux d’Airbus, on comprend assez vite que le ton sera direct, affirmé et particulièrement précis.
Le directeur général d’Airbus Commercial Aircraft a ainsi confirmé qu’une nouvelle augmentation des cadences de production était pratiquement actée pour la famille A350, au-delà des 12 exemplaires déjà prévus à horizon 2028. « La décision d’augmenter la cadence de l’A350 est inévitable. « Nous allons le faire, car le marché réclame clairement davantage d’appareils » a-t-il ainsi annoncé, ajoutant qu’une telle décision devait encore être soumise au conseil d’administration, mais qu’elle interviendra « plutôt tôt que tard ».
Plus important encore, cette augmentation des cadences ne pourra se faire qu’avec la nécessité de repenser le système industriel lié à la famille de gros-porteurs de nouvelle génération, peut-être même par la mise en place d’une deuxième ligne d’assemblage final (FAL) dédiée, ou en tous les cas avec un dispositif industriel qui devra être nettement plus performant que celui en place aujourd’hui.
Mais Lars Wagner a également confirmé qu’une version nouvelle version allongée de l’A350-1000 était demandée par d’importants clients actuels. « C’est donc ce sur quoi nous travaillons actuellement, en étudiant la conception, en élaborant un dossier économique et en préparant les décisions nécessaires » a-t-il lancé, précisant qu’il existait une demande pour le milieu de la prochaine décennie, et même avant.
La réflexion sur l’augmentation de cadence est menée parallèlement à celle portant sur l’A350 allongé afin d’éviter de concevoir deux fois un nouveau dispositif industriel.
Deux décisions majeures vont donc être actées bientôt sur la famille de gros-porteurs de nouvelle génération d’Airbus, d’une part pour réduire les délais de livraison (887 exemplaires en backlog, près d’une centaine commandés cette année), mais aussi pour mieux concurrencer les 777-9 et 777-8F de Boeing dans la prochaine décennie.
L’A350 est finalement encore loin d’avoir atteint sa pleine maturité industrielle et commerciale.


