Il y a dix ans, la communauté aéronautique avait les yeux rivés sur Toulouse et soufflait : WWOW. Le 27 avril 2005, le premier Airbus A380 venait de décoller, réalisant son vol inaugural.
Un état de grâce qui n’a pas duré. Des problèmes d’industrialisation, liés à la trop grande liberté laissée aux compagnies aériennes dans la personnalisation de leur aménagement cabine et à une différence de logiciel entre les sites de l’avionneur, ont retardé plusieurs fois l’entrée en service du Super Jumbo. Celle-ci a eu lieu deux ans et demi plus tard, en octobre 2007 auprès de Singapore Airlines.
Si Fabrice Brégier estime que l’A380 a été lancé dix ans trop tôt, ce qui lui a valu ce départ un petit peu lent entravé par la crise économique, il pense également qu’il « aura un marché plus naturel à l’avenir ». Et le président d’Airbus assure qu’« il n’y a pas de traumatisme A380. Même pas pour moi et pourtant c’était mon baptême du feu chez Airbus. »
En effet, dix ans après ces débuts difficiles, l’A380 est devenu un programme comme les autres. Il a éveillé l’intérêt de dix-huit clients, qui en ont commandé 317 exemplaires. Treize compagnies l’exploitent aujourd’hui, qui sont généralement satisfaites et observent un « effet A380 » améliorant les taux de remplissage. Chaque mois, il transporte trois millions de passagers.








