Lufthansa a confirmé le 11 juin que des vents contraires avaient remis en question ses prévisions de bénéfice opérationnel sur l’année. Le groupe allemand a donc revu à la baisse ses estimations et prévoit désormais d’enregistrer un bénéfice opérationnel d’environ 1 milliard d’euros en 2014, contre une prévision initiale comprise entre 1,3 et 1,5 milliard d’euros (hors événements exceptionnels).
Le groupe s’attendait à cette révision. « Les risques pesant sur les recettes que nous avions évoqués lors de la présentation de nos résultats trimestriels en mai se sont malheureusement concrétisés », a indiqué Simone Menne, la directrice financière de Lufthansa AG.
Quatre éléments majeurs pèsent sur les activités. Tout d’abord, les recettes sont moins importantes que prévu, notamment en raison d’un accroissement de la surcapacité sur le marché nord-atlantique qui fait baisser les tarifs. Pour y remédier, le groupe va « réduire de façon importante » ses capacités entre l’Europe et l’Amérique du Nord dès la prochaine saison hiver.
Par ailleurs, le groupe ressent les effets de la croissance des compagnies du Golfe en Europe, qui passe à la fois par des augmentations de capacités et par des acquisitions. Lufthansa regarde notamment d’un très mauvais œil le rapprochement d’Etihad avec Alitalia, d’autant que la création d’Etihad Regional (à travers la prise de participation de la compagnie d’Abu Dhabi dans Darwin) la met déjà en danger.
Un autre élément évoqué par la compagnie est l’impact de la grève des pilotes en avril – qui lui a coûté 60 millions d’euros. Enfin, elle estime également que la dévaluation du bolivar au Venezuela a eu un impact négatif de 60 millions d’euros depuis le début de l’année sur ses recettes (bloquées) dans le pays.
Par conséquent, Lufthansa révise également ses prévisions pour 2015, échéance du programme de restructuration Score. Alors qu’elle comptait atteindre un bénéfice opérationnel de 2,65 milliards d’euros, elle ne s’attend plus qu’à un résultat positif de 2 milliards d’euros. Ce but pourra être atteint si la conjoncture ne se dégrade pas et avec la mise en place de nouvelles mesures dont la teneur sera annoncée au mois de juillet.








