Chaudronnier aéronautique. Un métier méconnu et injustement sous-estimé par les jeunes. Il offre, pourtant, de belles perspectives de carrière. Le parcours de Stéphane Blaudeau en témoigne. Portrait-métier du mois de mai 2014.
Âgé de 45 ans, Stéphane Blaudeau a toujours travaillé pour l’industrie. Après six ans de formation et trois diplômes en poche (un CAP chaudronnier obtenu en 1987 ; un BEP métallique obtenu en 1989 et enfin un bac pro structure métallique, devenu TCI – Technicien en Chaudronnerie Industrielle), il intègre une PME installée dans la région nantaise.
Le 14 juillet 2010, alors doté d’une expérience professionnelle de 17 ans, il est frappé de plein fouet par un licenciement économique. Malgré ce coup dur, il ne désespère pas, car conscient de la forte demande de chaudronniers sur le marché de l’emploi. « L’offre est supérieure à la demande, quelle que soit la conjoncture », relève-t-il. C’est donc très vite qu’il retombe sur ses pattes en décrochant, en octobre de la même année, un contrat d’intérim de 18 mois chez Airbus Nantes.
L’avionneur européen l’embauche en CDI au bout d’un an. Avec sa solide expérience professionnelle et un savoir-faire certain, Stéphane Blaudeau est une « denrée » très recherchée à l’heure où l’industrie aéronautique peine à trouver des profils qualifiés sur de nombreuses fonctions de production telles que chaudronnier, ajusteur monteur, peintre aéronautique, ou encore tourneur fraiseur… Des métiers qui souffrent à tort d’une mauvaise image désuète (trop usants, trop salissants, environnement trop brouillant, salaires trop bas…). Ces préjugés, Stéphane Blaudeau les réfute. « L’environnement de travail a évolué. De nos jours, les ateliers de chaudronnerie sont des lieux calmes. Les jeunes, notamment les femmes, y ont toute leur place. »
Son poste
Stéphane Blaudeau travaille sur l’Airbus A380, « le plus bel et plus gros avion du monde », mais aussi sur les appareils de la famille Airbus A320 et A330. Il redresse tout particulièrement les panneaux et nervures présentes dans le caisson de voilure à l’aide d’une presse numérique. Il travaille ces pièces au 10e une fois qu’elles ont été usinées. Les cadences de production étant intenses, près de six pièces sortent de l’usine chaque mois.
Aujourd’hui compagnon et maître d’apprentissage, Stéphane Blaudeau encourage les jeunes à prendre la relève. « Il s’agit d’un métier très enrichissant. Il rend fière surtout lorsqu’on voit l’avion sur lequel on a travaillé voler pour la première fois. Toutefois, en plus de la passion, il faut avoir de la rigueur, car il s’agit d’un travail manuel dans lequel on manipule des produits nobles. La confiance en soi est primordiale », explique-t-il.
Dans les années à venir, Stéphane Blaudeau ambitionne d’évoluer vers la qualité. Mais pour le moment, il est satisfait de son poste.
Stéphane Blaudeau, chaudronnier aéronautique à Airbus Nantes








