En 2013, le groupe Safran va recruter quelque 3 000 personnes dans l’Hexagone. Jean-Luc Bérard, directeur des ressources humaines du groupe d’équipementiers aéronautiques, revient sur ce plan de recrutement, dont la campagne de communication a été lancée en octobre dernier. Entretien.
Safran prévoit d’embaucher environ 6 000 personnes en 2013 dans le monde, dont 3 000 en France. Quelle part représente l’aéronautique dans ces recrutements ?
L’essentiel de nos 3 000 embauches en France est effectué dans le domaine de l’aéronautique. Il faut savoir que cette activité est extrêmement porteuse, notamment grâce aux programmes de moteurs CFM 56 [le principal moteur d’avion de Safran fabriqué en collaboration avec l’américain GE], et son successeur, le LEAP. Le reste des recrutements est effectué dans le domaine de la sécurité, également très porteur. Par ailleurs, 40 % des recrutements en France visent les jeunes diplômés.
Parmi ces recrutements, combien de créations de poste ?
Les recrutements sont portés en majorité par les remplacements, qui représentent plus de 2 tiers des embauches en France. Sur les 3 000 recrutements effectués en 2012, près de 800 correspondent à des créations de postes.
Quels sont les types de postes à pourvoir ?
En France, les recrutements du groupe Safran portent à 75 % sur des profils d’ingénieurs et de cadres. Compte tenu de nos activités, ces recrutements concernent en grande majorité les métiers de la R&D, avec une forte dominante dans la mécanique, l’électronique et l’architecture système. En production, nous recherchons également des ingénieurs Méthodes. Enfin, dans les fonctions supports et qualité nous embauchons des profils Achats. En somme, nous recrutons dans toutes les spécialités.
Quelle place accordez-vous aux femmes dans votre politique de recrutement ?
Safran compte actuellement 25 % de femmes ingénieures. Bon nombre d’entre elles occupent des postes à responsabilité, à l’image de Jeanne-Marie Lota, directeur des programmes de la division Sagem Electronics. Ce chiffre est supérieur à la moyenne constatée dans la plupart des écoles d’ingénieurs, où il n’y a malheureusement pas assez de jeunes femmes inscrites. Le groupe Safran est très engagé en matière d’égalité professionnelle et mène, depuis plusieurs années, diverses actions en sa faveur. Parmi ces actions, nous pouvons citer des partenariats noués avec des associations comme « Elles Bougent », dont l’objectif est de sensibiliser les lycéennes aux métiers scientifiques et techniques. Ou bien encore, la présentation de métiers lors de forums féminins, comme dernièrement au « Women’s Forum », dont Safran est partenaire.
L’industrie automobile française traverse une période extrêmement difficile. PSA va licencier des milliers de personnes en France d’ici à deux ans. Le groupe Safran envisage-t-il de reprendre d’anciens salariés de PSA ?
L’été dernier, Safran a annoncé pouvoir embaucher 400 personnes venant de PSA. Différentes actions ont ainsi été mises en œuvre et ont permis la concrétisation de premières embauches. Aujourd’hui, nous attendons que le groupe PSA ait mené à son terme son PSE pour relancer ces actions.
Vous avez dit plus haut que vos recrutements dans l’Hexagone en 2013 allaient concerner 40 % de jeunes diplômés. Dans un contexte de pénurie de talents sur le marché de l’emploi, quels sont les dispositifs que vous mettez en place pour attirer ces jeunes ?
Nous parlons davantage de métiers en tension que de pénurie. Chez Safran, les métiers les plus tendus sont ceux de l’électronique et de l’informatique. Dans le domaine de la production, environ 15 % des métiers le sont également, notamment pour des profils de techniciens d’atelier, d’ajusteur, ou encore de chaudronnier.
Les dispositifs que nous mettons en place pour attirer les jeunes talents sont variés. Nous pouvons par exemple citer le développement d’un serious game invitant les étudiants à prendre virtuellement part au Vendée Globe. Ce serious game leur permet également de découvrir davantage le Groupe grâce à des défis qui rythmeront la régate. Plus de 3 500 étudiants, issus de plus de 140 écoles et universités, s’affrontent dans le cadre d’une compétition inter-écoles, avec à la clé le financement d’un bateau pour la prochaine édition de la Course Croisière EDHEC, dont Safran est partenaire en 2013.
Les partenariats développés avec les écoles et universités sont également très importants. Ils permettent, grâce à la mobilisation de nos ambassadeurs Safran, de renforcer, auprès des étudiants, la notoriété de notre Groupe, de faire connaître ses métiers, ses enjeux…
Justement à propos de vos partenariats-écoles, vous avez récemment signé une convention de coopération campus avec Arts et Métiers ParisTech (ENSAM). Qu’apporte cette convention à Safran ?
L’ENSAM et Safran ont développé des relations fortes depuis de nombreuses années, et les diplômés de cette école sont très bien représentés dans nos effectifs. Outre le recrutement de jeunes talents, la convention signée le 10 octobre dernier permet à Safran de participer à la vie de l’École de plusieurs manières. On peut citer les actions permettant d’accompagner les étudiants dans la construction de leur projet professionnel ou bien encore le dialogue, avec l’école sur le contenu des formations pour les adapter aux besoins en compétences du Groupe, mais aussi, la présence régulière d’une trentaine d’ambassadeurs Safran, tous d’anciens d’Arts et Métiers ParisTech, auprès des élèves, dès leur première année.
Chez Safran, nous pensons qu’il y a un intérêt à, suivre les élèves ingénieurs dès la première année, car cela nous permet de faire une préfiguration à l’embauche à travers les stages au sein des sociétés du groupe. Nous accueillons près de 2 000 stagiaires chaque année.
Quelles sont les autres écoles d’ingénieurs partenaires de Safran ?
Safran est partenaire de la plupart des écoles d’ingénieurs spécialisées et généralistes (ISAE, ESTACA, Polytechnique, Centrale Paris…), en France. Nous avons également des partenariats avec des universités technologiques et scientifiques par exemple l’université Pierre et Marie Curie à Paris. Ces partenariats sont essentiels, car ils nous permettent de recruter des profils de qualité. Mais aussi de prendre part à la réflexion sur les parcours de formation et ainsi garantir leur adéquation avec l’évolution de nos besoins en compétences.








