La convention de la NBAA qui s’est tenue à Orlando la semaine dernière nous a donné l’occasion de faire un point sur le programme Silvercrest de Snecma (groupe Safran), le nouveau réacteur dédié à l’aviation d’affaires du motoriste français. Lancé en 2006, le Silvercrest est présent sur deux programmes, le Falcon 5X, nouveau jet d’affaires à fuselage large et à long rayon d’action de Dassault Aviation, et le Citation Longitude, futur fleuron de la gamme d’avions d’affaires de l’américain Cessna.
Le directeur du programme Silvercrest, Éric Portejoie, nous a indiqué que le programme avait désormais accumulé 1300 heures de fonctionnement (sur banc et en vol). 13 moteurs ont été produits, 8 moteurs de développement et 5 moteurs de série. « Les essais en vol sont toujours en cours depuis son premier décollage sur banc volant fin mai » nous a t-il précisé, rappelant qu’il était toujours en phase de développement et que sa certification était attendue pour la fin de l’année prochaine. Dans l’ensemble, les essais se déroulent normalement même si « il y a toujours des petites choses à modifier, à arranger ou à renforcer, mais rien d’anormal pour un moteur en développement. »
Éric Portejoie nous a également rappelé que les premiers moteurs de série avaient déjà été livrés à Dassault pour les essais des systèmes liés aux réacteurs du premier exemplaire du Falcon 5X (FADEC, système hydraulique, carburant). Olivier Villa, le Directeur général adjoint des avions civils de Dassault, avait annoncé à l’ouverture de la convention NBAA que le premier démarrage des réacteurs montés sur le Falcon 5X était programmé avant la fin de l’année (premier point fixe), suivi par les premiers essais de roulage dans la foulée. Le premier vol du Falcon 5X est quant à lui prévu pour le deuxième trimestre de l’année prochaine.
Éric Portejoie n’a cependant pas voulu confirmer, ni infirmer, la rumeur qui courait à Orlando sur une possible troisième application pour le Silvercrest. Le nouveau réacteur est aujourd’hui décliné en deux versions, l’une pouvant fournir une poussée de 11 450 livres pour le Falcon 5X (Silvercrest-2D) et l’autre de 11 000 livres pour le Citation Longitude (-2C). « Une troisième application est évidemment possible, les avionneurs sont intéressés par un nouveau réacteur state-of-the-art pour mettre à jour leurs avions ; avec un réacteur qui a de meilleures performances. » Il ajoute aussi que si il est « un peu dur de décrocher le premier client, il est plus facile de monter à bord d’un nouveau programme avec un produit qui existe et qui est performant. »
Le directeur du programme est également revenu sur le volet de la maintenance du Silvercrest, rappelant que Snecma avait investi lourdement dans les outils de monitoring et de diagnostic des nouveaux réacteurs, aussi bien avec le suivi des paramètres que par la reconstitution de données. « Nous avons une énorme expérience de l’après-vente avec le programme CFM, mais le marché de l’aviation d’affaires a ses complexités et ses différences ». « Nous devons nous adapter au marché, être proches localement des clients et avoir des capacités d’intervention rapide, car les clients n’ont pas les mêmes capacités techniques en interne que les compagnies aériennes ». Le réseau MRO du Silvercrest comprendra notamment trois hubs régionaux dédiés (États-Unis, Europe et Asie) pour ses contrats de services.

La majorité des heures d’essai accumulées par les réacteurs Silvercrest l’ont été sur des bancs au sol. Le nouveau réacteur vole également sur un Gulfstream II depuis la fin mai. Photo © Snecma








