Le partenariat entre Qantas et Emirates, conclu le 6 septembre, va bouleverser une partie des opérations de la compagnie australienne. Le déplacement de son hub dédié aux liaisons vers l’Europe de Singapour vers Dubaï va avoir d’importantes incidences sur ses accords avec plusieurs compagnies.
La fin de la Kangaroo Route
Qantas a déjà indiqué que les opérations conjointes avec IAG, la maison mère de British Airways, se termineraient le 31 mars 2013. Établies en 1995, elles étaient emblématiques de liaison entre Londres et l’Australie, via l’Asie.
IAG a déclaré qu’elle était en discussion avec plusieurs autres compagnies asiatiques pour trouver une alternative pour sa desserte de l’Australie.
La fin du partenariat avec Air France
Qantas a souligné qu’elle conserverait tous ses liens avec oneworld et maintiendrait ses accords de partage de code, proposant tout de même à ses passagers de rejoindre l’Europe via l’Asie grâce à ses partenaires. Cependant, le rapprochement avec Emirates risque de refroidir ses relations avec deux partenaires de oneworld, Malaysia Airlines (dont l’entrée est proche) et Cathay Pacific. En ce qui concerne la compagnie hongkongaise, le codeshare sur Rome est d’ailleurs abrogé.
L’accord de partage de code en vigueur avec Air France sur la liaison entre Paris et l’Australie va également être supprimé. Initié en 2004, il permettait à la compagnie française de proposer des liaisons vers Adélaïde, Brisbane, Melbourne, Perth et Sydney, via Singapour et Hong-Kong.
Vers un remaniement des dessertes asiatiques
L’accord avec Emirates va libérer les liaisons asiatiques de Qantas des contraintes liées aux correspondances avec les vols vers l’Europe. Jusqu’à présent, son programme de vols est étudié pour faciliter ces transferts plutôt que les voyages d’affaires. Une profonde restructuration du réseau vers l’Asie du Sud-Est va donc être menée en avril 2013, notamment pour les dessertes de Singapour et Hong-Kong. Qantas a déjà souligné que Singapour ne serait plus desservie en A380, les appareils étant affectés à la desserte de Dubaï.
Certains analystes soulignent toutefois que l’adoption du modèle de dessertes point-à-point en Asie allait être difficile à rendre rentable, notamment face à la concurrence de Singapore Airlines.
Et pour Emirates ?
Emirates, dont la puissance du réseau n’est plus à démontrer, va quant à elle récupérer une très grande part des passagers de la compagnie australienne désireux de se rendre en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle pourra leur proposer soixante-dix destinations, dont trente-trois en Europe. Et elle obtient ainsi un moyen de remplir d’autant mieux sa future flotte de quatre-vingt-dix A380.








