L’industrie des matériaux composites est en plein essor en Pays de la Loire. La région renferme plus de 90 entreprises spécialistes qui travaillent avec une trentaine de PME sous-traitantes. Pourtant, cette filière industrielle fait aujourd’hui face à un problème inquiétant : son manque d’attractivité auprès des jeunes. Pour pallier cela, des dispositifs innovants ont vu le jour dans l’optique de séduire cette population.
Une filière dynamique
Actuellement, l’industrie des matériaux composites en Pays de la Loire emploie 11 500 personnes directement, tous profils confondus. De nombreux postes sont à pourvoir en 2012 dans plusieurs entreprises, dont aéronautiques. Parmi elles, Airbus, Aérolia ou encore Daher-Socata. Toutefois, un problème freine ces projets d’embauches. Les sociétés peinent à recruter par manque de candidatures.
En effet, la plupart des jeunes diplômés choisissent souvent de rejoindre des entreprises non industrielles, fuyant ainsi les idées reçues dont souffre ce domaine : fermetures d’usines à la chaine, secteur fortement touché par la crise, taux de chômage élevé… Selon Christelle Boutolleau, directrice du département composite d’AIC Europe Technologies, entreprise implantée à Nantes et qui recrute, « les parents sont souvent à l’origine de cette image désuète que les jeunes ont à l’égard de l’industrie française. Nous recrutons tous les profils, aussi bien les ingénieurs, les CAP, les bacs pro que les formations en alternance. Les jeunes ne se doutent pas que nos clients sont Airbus ou Dassault Aviation…»
La formation et la recherche comme solution
Pour attirer les jeunes, la région a mis en place des formations comme la licence professionnelle IMOC (Industrialisation et mise en œuvre de matériaux composites), formant à la préparation et la gestion de la production des matériaux composites. La formation est assurée par l’IUT de Nantes. L’IMOC prépare à de nombreux métiers, dont responsable d’ateliers composites, technicien de production ou technicien de développement.
Par ailleurs, la filière des matériaux composites est fortement représentée dans les 8 écoles d’ingénieurs de la région comme l’École Centrale de Nantes, Paristech Arts et Métiers Angers, l’ESTACA à Laval ou encore Polytech’Nantes.
Des centres de recherche ont également vu le jour. Il s’agit du Technocampus EMC² qui a été créé en 2005 par, entre autres, EADS Innovation Works, Airbus, l’École Centrale de Nantes, l’École des Mines de Nantes. Ce centre de recherche et de transfert de technologies dans le domaine de la fabrication des composites a nécessité un investissement de 80 millions d’euros (photo). L’Institut de Recherche Technologique Jules Vernes, lui, est un centre de recherche mutualisé ouvert le 5 mars dernier. Situé à Nantes, il rassemble l’aéronautique régionale et se fixe comme objectif pour les 10 ans à venir de créer 5 000 emplois et de développer 70 000 m² de centres de recherche sur un parc scientifique, près de l’usine Airbus.
