Le ministère de la Défense chinois a annoncé mardi la sortie de son porte-avions, le Shi Lang, pour une nouvelle série d’essais à la mer.
A la suite de réaménagements, de tests à quai et d’importants travaux, le porte-avions chinois a quitté son port d’attache actuel de Dalian pour des recherches techniques et des expériences scientifiques. De plus, la sortie en mer devrait également comprendre des essais d’envol, d’appontages et de catapultages, sans doute avec un Shenyang J-15 Flying Shark (dérivé du Souhkoï Su-33). Le plus grand secret entourant le porte-avions, aucune information officielle n’est pour l’instant disponible. Il s’agira également de tester les brins d’arrêts et les systèmes de guidage lors des manœuvres d’approche.
La première sortie en mer du Shi Lang avait eu lieu en août dernier, pour tester notamment la propulsion, la stabilité et la manœuvrabilité du bâtiment.
A l’origine, le porte-avions avait été construit par l’Ukraine en 1985, mais jamais terminé, suite à l’effondrement de l’URSS. La Chine rachète le Varyag en 2000 par l’intermédiaire d’une société écran et en achève la construction. Le bâtiment était destiné à être transformé en casino flottant au large de Macao, mais décision est prise de garder sa fonction de porte-avions pour un usage militaire. Mesurant près de 300 mètres de long, son déplacement à pleine charge est estimé à 60 000 tonnes. Il est doté d’un pont d’envol avec une piste axiale avec un tremplin avant incliné à 12 degrés, ainsi qu’une piste oblique avec brins d’arrêt.
L’ex-Varyag a pour sistership le Kuznetsov, gardé par la Marine russe.
Le porte-avions ne sera cependant pas opérationnel rapidement. En effet, la Marine chinoise va devoir se familiariser avec l’infrastructure, notamment pour les pilotes de l’aéronavale, qui vont devoir s’entraîner aux appontages et aux décollages. La Marine va également devoir coordonner les bâtiments d’escorte, pour former un véritable groupe de projection de puissance.
Au niveau international, l’arrivée du porte-avions chinois inquiète notamment Taïwan, qui y voit un moyen de pression supplémentaire. La République populaire de Chine cherche également à s’implanter dans l’océan Pacifique, dans l’espoir de contrer l’hégémonie américaine dans cette zone.
En se dotant d’un porte-avions, la Chine entre dans le club très fermé des puissances aéronavales possédant un porte-avions (Etats-Unis, France, Brésil).