Le dernier numéro de Cols Bleus de la Marine nationale détaille les enjeux de l’institution à l’horizon 2020 (« 2020, la Marine de demain »). En ce qui concerne l’aéronavale, c’est l’amélioration capacitaire qui est mise au centre des perspectives.
D’une manière générale, les nouvelles perspectives technologiques vont amener l’aéronavale à un « carrefour entre l’aéronef habité et l’aéronef non habité », selon le capitaine de vaisseau Dufit, référent aéronautique. Que ce soit dans le domaine du combat ou de la reconnaissance, il s’agira donc principalement de trouver une bonne répartition des forces entre les drones et les aéronefs pilotés.
Au niveau des avions embarqués, le Super Etendard Modernisé sera retiré du cycle opérationnel à la fin de l’année 2015. Il sera remplacé par le Rafale Marine standard F3. Les E-2C Hawkeye (contrôle aérien), quant à eux, seront remis à niveau, mais remplacés à terme par des avions du même type. Enfin, 2020 verra l’initiation de travaux d’étude en vue de lancer le système de combat aérien futur.
Le Caïman Marine (NH90 version NFH), admis au service actif en décembre 2011, est bien évidemment au cœur de la composante hélicoptère à l’horizon 2020. Il sera soutenu par des Panther de standard 2, avec une capacité de lutte anti-sous-marine remise à niveau, avec la mise en œuvre d’un missile antinavire léger. Le programme HC4 (hélicoptère de combat 4 tonnes) aura été lancé, pour remplacer les Alouette III, puis les Dauphin, puis les Panther. Dans tous les cas, l’aéronavale privilégie la logique monopilote.
Les Atlantique 2 de patrouille et de surveillance maritime seront en cours de rénovation, en particulier en ce qui concerne la lutte sous-marine (calculateur, système acoustique, radar). La Marine lancera également le programme Avismar (aviation de surveillance et d’intervention maritime), qui vise à remplacer les Falcon 50 et Falcon 200 utilisés actuellement.
Du côté de l’aviation de transport, les avions école Xingu EMB 121 seront remplacés, dans le cadre d’un programme d’avion école de transport futur, en coopération avec l’armée de l’Air.
Enfin, les drones seront au cœur de l’horizon 2020 de la Marine. Deux types de drones sont envisagés : tactique et de théâtre. Dans la première catégorie, les drones tactiques sont destinés à être embarqués sur des frégates, mais aussi sur des patrouilleurs. Ils devraient être équipés de capteurs radars pour une mission de détection et seront dotés d’une capacité d’identification et de reconnaissance. Leur rôle sera d’augmenter la capacité à établir une situation de surface autour d’un bâtiment ou d’un groupe aéronavale. La première étape pour la mise en œuvre de tels drone est l’expérimentation (qui a lieu actuellement) d’un drone VTOL sur le patrouilleur L’Adroit, dans le but d’affiner le besoin de système de drone aérien marine.
La seconde catégorie, les drones d’attaque MALE, seront équipés de radars de surveillance maritime, afin d’opérer une quasi-permanence sur zone, d’éviter des prises de risques humaines et d’optimiser l’emploi des aéronefs habités. De plus, une réflexion interarmées est actuellement en cours, dans une logique d’interopérabilité accrue.








