C’est un véritable virage stratégique pour la plus grande compagnie aérienne européenne. Ryanair a décidé d’internaliser la maintenance de ses moteurs à moyenne échéance, une activité rendue possible par la taille de sa flotte de monocouloirs et par sa croissance annoncée dans les prochaines années.
Son tonitruant PDG, Michael O’Leary, était au siège du groupe Safran à Paris cette semaine pour signer un protocole d’accord pluriannuel avec CFM International couvrant deux volets : la poursuite du contrats de services à l’heure de vol (PBH) assuré par le motoriste franco-américain sur les moteurs CFM56-7B et LEAP-1B de la compagnie irlandaise, l’un des plus importants accords de ce type au monde, et un nouvel accord d’approvisionnement de pièces qui alimentera ses futurs ateliers MRO.
À cette occasion, le PDG de Ryanair a aussi donné de nombreux détails sur l’internalisation de cette activité.
Michael O’Leary était assurément en forme le 10 février au siège de Safran, avec son maillot de l’équipe de France de Rugby, histoire de demander quelques concessions à Olivier Andries, le directeur général de Safran, suite à la défaite du XV du Trèfle quelques jours plus tôt. Le géant du low-cost européen a ainsi signé un protocole d’accord (MoU) de services de plusieurs milliards de dollars pour couvrir l’ensemble des moteurs de la flotte de la compagnie aérienne irlandaise pour les 15 prochaines années. À lui seul, l’accord d’approvisionnement de pièces (pièces de rechange et réparations de pièces) qui soutiendront les deux futurs shops moteurs de Ryanair pourra représenter plus de 1 milliard de dollars par an selon la compagnie irlandaise. Il faut dire que l’accord couvrira à terme près de 2000 moteurs au total si les options concernant les 150 derniers Boeing 737-10 étaient exercées.
« Vous avez décidé de créer votre propre atelier de maintenance en interne. C’est un grand pas en avant, et grâce à ce protocole d’accord, nous nous engageons à vous accompagner dans cette transition » a annoncé Olivier Andries, rappelant que la compagnie irlandaise était cliente des moteurs CFM depuis presque 30 ans, avec l’arrivée de ses premiers 737-800 (première livraison en mars 1999). Il a également rappelé que la montée en cadence du LEAP était deux fois plus rapide que celle du CFM56, « ce qui va engendrer de nombreuses opérations de maintenance à travers le monde » …








