Le nouveau gouvernement espagnol veut adopter la même politique que la France en matière de vols intérieurs, même si l’efficacité de cette mesure reste toujours à démontrer au regard de son très faible impact sur les émissions carbone françaises, et sur le dérèglement climatique mondial de façon plus générale.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et Yolanda Diaz, la ministre du Travail par intérim et fondatrice de l’alliance des partis d’extrême gauche Sumar, ont annoncé conjointement le 24 octobre une série de mesures pour former un gouvernement de coalition avant le 27 novembre. Et parmi ces mesures figure l’interdiction des vols intérieurs en cas d’alternative ferroviaire directe inférieure à 2 heures 30, une décision éminemment politique calquée sur le décret en vigueur en France depuis le 23 mai.
Disposition de la loi Climat et Résilience de 2021, la suppression de certains vols intérieurs de courte durée a sonné le glas des vols reliant Paris-Orly à Bordeaux, Nantes et Lyon, toutes opérées par Air France. Pour rappel, ces mêmes liaisons opérées depuis Roissy-CDG ont été maintenues, car c’est la gare TGV de Roissy qui est prise en compte pour le calcul du temps de trajet ou pour arriver suffisamment tôt sur place, sauvant ainsi les possibilités de connexions avec les vols internationaux du hub d’Air France.
L’Espagne s’oriente donc vers une mesure similaire, mais en excluant d’office les aéroports du pays qui sont positionnés comme des plateformes de correspondance pour des vols internationaux (Madrid Barajas et Barcelone-El Prat seraient donc exclus du dispositif, du moins au lancement).
Une gare de connexion pour des trains à grande vitesse est cependant déjà en construction sous le terminal 4 de Madrid Barajas depuis l’année dernière. À plus long terme, les liaisons reliant Madrid à Alicante, Barcelone, Malaga, Séville et Valence pourraient être sur la sellette.
Le cours des actions du groupe aéroportuaire AENA, gestionnaire de 46 plateformes et de deux héliports sur le sol espagnol, a d’ailleurs été quelque peu été chahuté cette semaine suite à l’annonce de cette nouvelle mesure.
Il faut dire aussi que l’Espagne a considérablement investi dans son réseau de train à grande vitesse depuis plus de trente ans, avec le réseau de LGV le plus étendu d’Europe (près de 4000 km). C’est malheureusement aussi de loin le plus déficitaire (l’ADIF, équivalent de RFF en Espagne, devrait encore être débiteur de 18,35 milliards d’euros à la fin de l’année), et le plus concurrentiel (avec Avlo et Ouigo Espagne).








