« 2014 n’a pas été une excellente année » selon Jean-Michel Vernhes, président de l’aéroport de Toulouse et de l’UAF (Union des Aéroports Français). Pourtant, les aéroports français ont poursuivi leur croissance, enregistrant un trafic en hausse de 2% et atteignant ainsi un nouveau record, avec plus de 175 millions de passagers.
Mais « la croissance est mitigée si on la compare aux autres aéroports européens. » Ils ont enregistré 5,4% de croissance dans leur globalité et 4,9% dans les plateformes de l’Union européenne. « Ces dernières années, nous avions des résultats plutôt meilleurs que dans les autres aéroports en Europe. Cette année, c’est plutôt le contraire. »
Jean-Michel Vernhes explique ce ralentissement par la santé défaillante du transport aérien français. Celle-ci a d’ailleurs été aggravée par la grève des pilotes d’Air France, qui « a eu un impact important sur les aéroports. Par exemple, elle a coûté 1,5 point de croissance à Toulouse. »
L’une des caractéristiques du trafic de 2014 est que le secteur domestique n’a pas été très dynamique, contrairement au secteur international. Ce qui explique qu’Aéroports de Paris, contrairement aux autres années, affiche une meilleure croissance que les aéroports régionaux.
Comme les années précédentes, les plateformes qui enregistrent les plus fortes croissances sont celles où le low-cost s’est développé. Les compagnies à bas coûts ont ainsi gagné 2,2 points de parts de marché dans les aéroports de province (à 38,7%).
Plusieurs signes positifs sont toutefois relevés par l’UAF. Tout d’abord, le nombre de mouvements a continué à diminuer, ce qui accroît la marge de progression des plateformes régionales. Par ailleurs, les plateformes françaises sont petites par rapport à leurs concurrentes européennes, ce qui ajoute à cette marge de progression. Autre constatation « inattendue mais réconfortante », le fret est en croissance en 2014. Il a gagné 1,8% en France – et 3,6% en Europe.
Jean-Michel Vernhes est également revenu sur le rapport Le Roux, rappelant que les aéroports français s’étaient notamment opposés à la poursuite du blocage des droits de trafic envers les compagnies du Golfe. « Le blocage sur le long terme n’est pas une solution d’avenir et il faut considérer les conséquences sur l’économie et le développement des territoires. Les aéroports régionaux et le transport aérien français ont besoin compagnies aptes à développer le trafic. […] L’ouverture de lignes vers les aéroports de province est une solution pour développer le trafic et desserrer l’étau à Paris. »







