Dreamjet ne sera donc pas la bannière de la nouvelle compagnie aérienne française tout Business. Celle-ci opèrera sous la marque La Compagnie, un nom choisi pour témoigner de l’unicité de son concept et témoigner de son ambition de « Boutique Airline ». La Compagnie est en effet la seule à proposer des vols configurés uniquement en classe affaires entre Paris et New York. Lors de sa présentation le 16 juin, Frantz Yvelin, son fondateur, a révélé qu’elle décollerait le 11 juillet.
La Compagnie a déjà reçu son premier appareil, début mai, un Boeing 757-200 équipé de Winglets et de moteurs Rolls-Royce. Immatriculé F-HTAG, il a été acquis en leasing auprès d’Icelandair, qui se chargera également de la maintenance de la flotte. Il a terminé ses travaux de peinture le 15 juin. Frantz Yvelin a justifié son choix en indiquant que le 757 était « le monocouloir le plus adapté sur la ligne Paris – New York. » Cet appareil réalisera initialement la rotation quatre fois par semaine et augmentera progressivement ses fréquences jusqu’à les rendre quotidiennes au mois de novembre.
Le président de La Compagnie a également expliqué comment avait été choisis les aéroports desservis. En France, les vols partiront de Paris CDG (terminal 1) car le nombre de passagers premium y est plus important qu’à Orly – où était basée sa précédente expérience, L’Avion. La Compagnie espère attirer 500 000 passagers annuels sur le 1,7 million qui voyagent en classe affaires vers New York, soit près de 30% de parts de marché.
Le choix de Newark s’explique par sa plus grande proximité de Manhattan et des entreprises du nord du New Jersey, sa plus grande fluidité par rapport à JFK (aux postes immigration et au roulage) et la relative faiblesse de l’offre SkyTeam.
« L’objectif n’est pas d’avoir la meilleure classe affaires au monde mais le meilleur rapport qualité-prix »
La force de La Compagnie sera de proposer un service de classe affaires à des prix de 30 à 65% inférieurs à ceux des compagnies traditionnelles. Trois grilles tarifaires seront disponibles, comprenant plus ou moins d’options : le tarif basique, le semi-flexible et le flexible.
A bord, la cabine ne comptera que 74 fauteuils disposés en rangées de quatre sièges de front. Espacés d’au moins 155cm les uns des autres, ils seront transformables en lit plat mais pas horizontal (celui-ci étant plus cher). Ils seront dotés de prises (électriques et USB), de veilleuse, et l’IFE sera disponible sur tablette Samsung Galaxy Tab Pro de 12 pouces – dès l’automne, un service de presse digitalisé sera disponible. Par ailleurs, un système de connexion par wifi sera proposé.
La cabine est équipée d’un éclairage par LED qui permettra de modifier l’ambiance lumineuse. Chaque passager se verra offrir une trousse de confort en partenariat avec Caudalie en montant à bord. Quant à la restauration, elle sera assurée par Christophe Langrée, ancien chef de Matignon, en partenariat avec Servair. La Compagnie proposera également une formule rapide sur le vol de nuit New York – Paris, les passagers préférant consacrer du temps à leur sommeil. Enfin, un système de fidélisation sera mis en place pour les voyageurs fréquents.
Les passagers auront également accès à un salon dans chaque aéroport, le salon Icare au terminal 1 de CDG et le salon d’El Al « Art & Lounge » à Newark.
« On va atteindre rapidement une certaine rentabilité »
Lancée avec un investissement (privé) avoisinant les 30 millions d’euros, La Compagnie « a de quoi envisager sereinement les prochaines années. » Frantz Yvelin estime qu’elle pourrait atteindre l’équilibre dès les 12 ou 18 premiers mois d’opération et qu’elle sera « très largement rentable » avec un coefficient de remplissage de 65 à 80%.
Un deuxième appareil doit intégrer la flotte cet automne. En effet, « on ne va pas se contenter d’un ou deux avions », annonce Frantz Yvelin. Ce 757, acheté à Icelandair cette fois, lui permettra de rendre ses fréquences quotidiennes mais lui permettra également d’élargir ses activités. Nouvelles fréquences ou nouvelle destination ? « Nous prendrons la décision dans les prochaines semaines de ce qu’on fera du deuxième avion. »
| La Compagnie à l’esprit très français
Si les sièges ont été produits par Contour (filiale britannique du groupe Zodiac Aerospace), l’aménagement cabine a été conçu avec le concours de deux PME françaises : Aerocabin Solutions et Aerotec Concept. Par ailleurs, la solution de gestion du système de divertissement en vol a été fournie par Vision Systems. |








