Etihad et Alitalia ont fait un nouveau pas vers leur rapprochement. Les deux compagnies ont annoncé le 2 février qu’elles étaient entrées en phase finale de négociations en vue d’un potentiel investissement de la compagnie arabe dans la consœur italienne. Elles se sont laissé trente jours pour élaborer une stratégie commune leur permettant à chacune d’atteindre leurs objectifs. Lufthansa a déjà appelé l’Union européenne à s’opposer à une éventuelle alliance.
Cette annonce a été faite lors d’une visite du Premier ministre italien Enrico Letta à Abu Dhabi. Celui-ci a déclaré que le gouvernement italien serait très flexible concernant un éventuel accord, notamment au sujet d’un changement de direction chez Alitalia. La stratégie qu’Etihad a menée jusqu’alors dans l’élaboration de ses partenariats est en effet plutôt rassurante pour un pays qui tient à l’identité italienne de sa compagnie.
Selon des sources proches du dossier évoquées par les agences de presse, Etihad pourrait acquérir 40% de participation pour un montant de 300 millions d’euros. Un investissement qui serait salutaire pour Alitalia, lui apportant des liquidités et les moyens de renforcer sa stratégie de développement du long-courrier.
Alitalia vient déjà de boucler une augmentation de capital qui lui a rapporté 300 millions d’euros, ce qui lui donne de quoi survivre six mois. Si elle a atteint son objectif, la réussite de cette opération est plutôt mitigée puisqu’elle a dû faire appel aux garanties notamment de la poste italienne – qui ne devait investir que si les 300 millions n’étaient pas rassemblés. Par ailleurs, Air France-KLM, alors principal actionnaire de la compagnie avec 25%, n’y a pas participé et a laissé sa part se diluer à 7,08%.
Le groupe franco-néerlandais avait en effet posé trois conditions à un éventuel investissement, notamment la mise en place d’un plan de restructuration sérieux. A ce sujet, Alitalia a promis à ses syndicats en fin d’année dernière d’éviter les suppressions permanentes de postes, bien qu’elle ait besoin de réduire ses coûts de personnel de 128 millions d’euros (l’équivalent de 1 900 postes). En revanche, ils viennent d’accepter des « contrats de solidarité » prévoyant une baisse du temps de travail et des salaires des employés.
Alitalia est la quatrième plus importante compagnie européenne, avec 25 millions de passagers annuels. Lancée en 2008, la nouvelle Alitalia cumule aujourd’hui 800 millions d’euros de dette et perd 700 000 euros par jour.








