Le feuilleton national suisse sur le choix du Gripen pour remplacer les F-5 Tiger continue. Après les rapports secrets dévoilés par le quotidien Le matin, qui révélait que le Gripen n’était pas à la hauteur des exigences, la saga continue.
Le chef du département fédéral de la Défense Ueli Maurer a finalement convoqué une conférence de presse mardi pour dissiper les doutes concernant les performances du Gripen de Saab. Accompagné du chef de l’armée André Blattmann et du chef des forces aériennes Markus Gygax, ainsi que du directeur d’Armasuisse Ulrich Appenzeller, Ueli Maurer a affirmé que l’avion suédois répondait aux exigences formulées et aux besoins de l’armée suisse. Il a qualifié le rapport de 2008 d’insignifiant, car il ne portait pas sur une nouvelle version de l’avion. « Le Gripen amélioré sera un bon avion pour la Suisse » a-t-il déclaré.
Lors de son allocution, il a également annoncé que le gouvernement serait prêt à examiner une nouvelle offre de Dassault Aviation, si celle-ci était toutefois revue à la baisse : « Nous avons demandé au groupe français de nous soumettre une offre vraiment concrète ». On se souvient que Le Latin et la Sonntagszeitung avaient révélé il y a deux semaines que l’avionneur français aurait écrit une lettre pour proposer l’achat de 18 Rafale à un prix moindre que les 22 Gripen (2,7 milliards de Francs suisses au lieu de 3,1 milliards pour les avions de Saab).
De son côté, l’opposition dénonce la procédure opaque qui entoure le choix du du Gripen au détriment de l’Eurofighter et du Rafale et certains parlementaires réclament que la lumière soit faite. « L’avion Ikea », comme il est surnommé par ses détracteurs, est également encore loin de faire l’unanimité parmi la population.
Mercredi, on apprend dans la presse suisse que le Conseil fédéral helvète ne reviendra pas sur sa décision d’équiper l’armée de l’air des Gripen suisses. Ueli Maurer espère toutefois que Saab fera un effort sur le prix initialement annoncé.








