Quelques heures après sa grande ouverture, le Journal de l’Aviation a pu visiter le nouvel aéroport international de Doha. La plateforme Hamad a en effet ouvert ses portes aux principales compagnies aériennes dans la nuit du 27 mai, notamment pour la compagnie nationale Qatar Airways qui reste, massivement, le principal opérateur sur la desserte, trafic de transit oblige.
La plateforme Hamad s’étend sur près de 30 km2, soit 3 fois la superficie de l’ensemble de la ville de Doha. Cet espace a été pour 60% gagné sur les eaux du golfe Persique. La configuration de l’aéroport nous rappelle immédiatement celle de l’aéroport Chek Lap Kok de Hong Kong à son ouverture, même si l’architecture générale et le design sont très différents.
La plateforme peut accueillir 30 millions de passagers annuellement aujourd’hui. Cette capacité sera portée à 50 millions dès 2015 avec l’ouverture des deux dernières jetées de portes (D et E) situées à l’extrémité nord du bâtiment central (C). Dotées de deux pistes parallèles de 4 850 mètres et 4 250 mètres séparées de près de 2 km, les nouvelles installations pourront ainsi gérer 90 appareils en heure de pointe (arrivées et départs repartis sur les deux pistes) pour 360 000 mouvements annuels.

Les pistes sont évidemment compatibles A380, Qatar Airways devant réceptionner son premier exemplaire sur les 15 commandés dans les toutes prochaines semaines. Nous avons pu constater que la plateforme utilisait principalement sa piste 34 droite (côté mer) pour l’instant même si toutes les installations sont actives. À noter que les pistes disposent d’un radar de détection de débris (système Tarsier) pour des opérations H24.
Le terminal passager
Le terminal est conçu sur le modèle à deux niveaux principaux dédiés respectivement aux arrivées (niveau sol) et aux départs (niveau supérieur). L’architecte a créé une toiture rappelant des vagues, un motif d’ailleurs souvent repris dans le design intérieur (tapis de salon, motif de décorations…).

La zone d’enregistrement comprend 138 banques reparties sur cinq îlots (dont un spécifiquement dédié aux autres compagnies. Une zone premium pour Qatar Airways, divisée en deux (banques individuelles Business et salons d’enregistrement First) est également présente.

Un îlot d’enregistrement classique

La zone d’enregistrement Premium

Un comptoir d’enregistrement First. Pas de tapis bagages, mais seulement une balance, les bagages étant ensuite récupérés par porteurs.

Les comptoirs d’enregistrement de la classe affaires sont plus traditionnelles

L’accès en zone réservée. Le passage supérieur relie des bureaux administratifs de l’aéroport

La zone d’inspection filtrage (PIF)
Le passage de la frontière peut s’effectuer par des « e-gates », avec test d’empreinte digitale et scan rétinien. Il est cependant à noter que ce service est payant, à la différence du système PARAFE français.
Qatar Airways dispose également d’un salon First en zone publique qui permet de faciliter les démarches de passage en zone réservé (PAF et PIF). Un concierge accompagne ensuite les passagers vers le salon First ou vers l’appareil.


Akbar al Baker, le PDG de Qatar Airways nous a indiqué que les salons Business et First de la compagnie seront ouverts dans une dizaine de jours et dans trois mois respectivement, succédant ainsi au fameux Premium Terminal de l’ancienne plateforme.

L’arrivée en zone réservée


La zone commerciale hors-taxes

Le salon Oryx à l’étage. Un hôtel de 200 chambres avec piscine lui fait face

La loterie du duty free permet toujours de gagner des voitures de luxe

Le long couloir de la zone d’embarquement C

La majorité des salles d’embarquement disposent d’un PIF supplémentaire pour desservir les États-Unis

L’un des deux « People Mover » qui seront destinés à faciliter l’accès des jetées D et E

Des zones de relaxation à proximité des portes d’embarquements

Des ordinateurs Apple pour se connecter gratuitement à Internet
En plus du terminal passager, la nouvelle plateforme accueille des bâtiments pour la maintenance des appareils de Qatar Airways. Un hangar géant compatible A380 peut ainsi accueillir jusqu’à 13 monocouloirs ou 5 gros-porteurs simultanément. L’aéroport Hamad dispose enfin d’un terminal spécialement conçu pour la famille royale du Qatar (Emiri Terminal), avec 2 postes de stationnement avion au contact avec passerelle télescopique compatible gros-porteurs (A340-500) et trois postes un peu plus distants au large.
Un premier terminal cargo est également opérationnel depuis le 1er décembre dernier. Il peut gérer 1,4 million de tonnes de fret annuellement et dispose de 11 postes de stationnement avion dédiés. Il sera rejoint par un second terminal pour porter les capacités cargo à 2,5 millions de tonnes.
Selon les équipes de Doha International Airport, filiale aéroportuaire du groupe Qatar Airways, l’ancien aéroport restera ouvert dans les prochaines années, l’armée de l’air qatarie occupant l’importante base aérienne située au sud-est de la plateforme. Nous avons d’ailleurs pu y observer la flotte de C-17 récemment livrée à la Qatar Emiri Air Force. L’ancien aéroport continue par ailleurs à accueillir des avions d’affaires ainsi que les activités de GHC (Gulf Helicopters Company).

L’Emiri Terminal








