Silverjet s’est placée dans la file d’attente au décollage. Ses billets ont été mis en vente le 12 octobre pour un vol inaugural fixé au 25 janvier 2007. La compagnie britannique s’est fortement inspirée du modèle de l’américaine MAXjet : elle offrira un vol quotidien à bord d’un Boeing B767-200 entre Londres Luton et l’aéroport Newark de New York, configuré uniquement en classe affaires et à bas tarifs.
Flotte sécurisée
Silverjet aura somme toute été assez rapide à décoller grâce à un parcours sans faute. Lancée en avril, elle n’aura eu besoin que de neuf mois de gestation avant de parcourir le monde, grâce aux investissements qu’elle a réalisés avant même de prendre son envol. Après avoir levé des fonds grâce à une offre publique initiale, elle a racheté deux sociétés le 2 octobre dernier qui lui ont permis d’accélérer le processus de lancement. L’acquisition de Skylease a mis à sa disposition immédiate un B767-200 et celle de Flyjet lui a fourni les certificats d’exploitation nécessaires au démarrage de ses activités, tout en lui offrant l’accès à deux autres appareils en leasing.
Elle a également assuré les bases de son expansion en signant un accord définitif le 11 octobre avec Thomsonfly. Grâce à lui, elle a acquis deux B767 supplémentaires pour un montant de 25,2 millions de dollars. Elle devrait recevoir le premier long-courrier en mars 2007 et le second en octobre. Silverjet est actuellement en négociations avec la société de services financiers Novus Capital pour leur revendre ces appareils. Elle pourra ensuite les leur louer en bénéficiant d’une solution de finance adéquate pour les apprêter à l’image de la compagnie (livrée, cabine…) et les exploiter.
Service peaufiné
La « Silverclass » proposera un panel de services haut de gamme à toutes les étapes du voyage. Avant le vol, le passager pourra profiter de transferts en hélicoptère ou d’un chauffeur pour l’emmener à l’aéroport. Le temps d’enregistrement sera très réduit, d’environ 30 minutes. En effet, Luton est l’un des aéroports les moins congestionnés de Londres et la compagnie partira en plus du terminal réservé aux appareils privés.
A bord, la cabine comptera cent sièges, moitié moins que dans une configuration triclasse standard. Les sièges seront convertibles en lits plats de 190,5cm (six pieds trois pouces). Une garde-robe et cinq salles de bain, dont une spécifiquement pour les femmes, seront également à la disposition des voyageurs. Dernier plus, les repas peuvent être choisis par avance sur le site Internet de la jeune compagnie.
Modèle éprouvé
Silverjet rejoint ainsi le clan grandissant des compagnies spécialisées dans les vols transatlantiques entièrement configurés en classe affaires. Le concept, lancé en novembre 2005 par Eos Airlines et MAXjet aux Etats-Unis, semble plutôt bien marcher puisque les deux compagnies initiatrices ont pu se développer. Toutes deux ont augmenté leurs fréquences entre New York et Londres (Stansted). MAXjet propose également deux autres villes de départ aux Etats-Unis : Washington et Las Vegas.
Il est donc peu étonnant que le modèle donne des idées aux entrepreneurs de l’autre côté de l’océan. Au Royaume-Uni, la téméraire Silverjet se jette directement dans la gueule du loup en concurrençant directement les deux compagnies américaines sur leur route. La française Elysair quant à elle déplacera légèrement la cible en reliant New York à Paris (Orly) à partir du mois de décembre.