Même un monument de l’aviation comme Lufthansa n’est pas à l’abri de la crise. La compagnie allemande a présenté ses résultats sur les neuf premiers mois de l’année 2008 le 29 octobre. Elle s’en tire plutôt bien, puisqu’elle fait partie des rares à pouvoir publier des bénéfices, mais a exclu la possibilité d’atteindre les objectifs annuels qu’elle s’était fixés fin 2007.
Lufthansa a enregistré un bénéfice opérationnel de 984 millions d’euros, en baisse de 101 millions d’euros par rapport à la même période en 2007. Quant au bénéfice net, il a été divisé par deux, si l’on ne prend pas en compte les éléments exceptionnels de 2007, n’atteignant que 551 millions d’euros.
La compagnie allemande a expliqué que les deux secteurs d’activité vraiment touchés par la crise étaient le transport (de passagers comme de fret) et le catering. Elle a particulièrement pâti de la hausse du prix du pétrole – qui a augmenté ses dépenses de carburant de 49% –, de la grève et de la diminution de la demande due à la situation économique mondiale. Elle a également perdu une partie de ses couvertures carburant à la suite de la faillite de Lehman Brothers.
Lufthansa a donc décidé de ralentir sa croissance et s’est déclarée prête à suspendre des routes s’il le fallait. Elle va tout de même augmenter ses capacités en 2009 de 5,2%, mais cela représente 1,9 points de moins que prévu. Elle va également travailler à la réduction de ses coûts.
Mais l’année 2008 ne devrait pas être si mauvaise. Si Lufthansa sait qu’elle n’atteindra pas son objectif de bénéfices annuels situés entre 1,4 et 1,75 milliard d’euros, elle estime qu’ils devraient dépasser le milliard d’euros. Le chiffre d’affaires 2008 devrait quant à lui être supérieur à celui de 2007. La conjoncture n’affecte donc encore le dynamisme de la compagnie que de façon limitée.