Le Portugal a décidé de prendre des mesures drastiques pour réduire sa dette. Avec l’objectif d’être plus ambitieux que le calendrier fixé par le FMI et l’Union Européenne, le nouveau gouvernement de centre-droit a présenté au Parlement un plan d’austérité faisant la part belle aux privatisations le 28 juin. ANA, la société gérant les aéroports de Lisbonne, Porto, Faro et des Açores, et TAP Portugal sont concernées.
Aucun calendrier précis n’a été défini pour la privatisation de TAP (envisagée depuis plusieurs années) mais elle pourrait être mise en œuvre dès la fin 2011 si la compagnie trouve repreneur. Son atout majeur est l’importance de son réseau entre le Portugal et le Brésil ; TAM a déjà témoigné de son intérêt au début de l’année en proposant d’acquérir une participation dans TAP, avec la bénédiction du gouvernement brésilien.
Plusieurs conditions devront être respectées : maintenir le statut de compagnie porte-drapeau du Portugal, conserver la base de Lisbonne et poursuivre la desserte des îles portugaises (Açores, Madère). L’Etat détient actuellement 100% de TAP.
Le sort des aéroports
Le nouveau gouvernement a également indiqué que si les entreprises publiques du transport aérien avaient tendance à être rentables, elles reposaient sur une structure financière trop fragile. Il souhaite donc privatiser aussi les aéroports, notamment ANA Aeroportos de Portugal, estimant que le recours aux concessions au secteur privé pèserait moins sur la dette de l’Etat, augmenterait l’efficacité des opérations aéroportuaires et assurerait leur modernisation.
Les aéroports des Açores et de Madère pourraient obtenir un traitement particulier et voir leur gestion transférée aux régions autonomes.
Cette décision de privatiser ANA, donc l’aéroport de Lisbonne, met en revanche un nouveau coup d’arrêt au projet de construction d’une nouvelle plateforme dans la région de la capitale. L’aéroport actuel, Portela, se situe en pleine ville et ne peut donc pas être agrandi. Il a déjà été modernisé pour lui permettre de gagner en capacité en attendant l’ouverture du nouvel aéroport en 2017, qui devait se situer à Alcochete, à l’est de la capitale sur l’autre rive du Tage.
Le projet était toutefois gelé depuis mai 2010 en raison de la crise financière à la suite d’une décision du Premier ministre Socrates.