Jet Airways n’est pas au meilleur de sa forme mais elle a réussi l’exploit de publier un bénéfice au quatrième trimestre 2008-2009. La compagnie indienne a en effet présenté ses résultats annuels le 25 mai en insistant particulièrement sur cette période.
Effectivement, l’année dans son ensemble a été plutôt conforme aux bilans de ses différentes concurrentes. Le chiffre d’affaire a augmenté de 23,4% à 2,3 milliards de dollars mais le résultat opérationnel a fondu de moitié et les pertes nettes se sont creusées de 25% à 79,3 millions de dollars. La compagnie a également transporté 3,1% de passagers en moins, 11,08 millions.
Toutefois, le quatrième trimestre a été plutôt bon financièrement. Malgré une baisse du chiffre d’affaires, du trafic et du coefficient de remplissage, le résultat opérationnel a doublé (101,3 millions de dollars), la marge opérationnelle a atteint 20,8% et le résultat net est devenu positif. Jet Airways attribue cette performance à la rationalisation des capacités et la mise en place de son programme de restructuration.
La part du marché domestique dans le chiffre d’affaires a perdu quinze points au quatrième trimestre. La compagnie a enregistré un ralentissement général du trafic, entraîné par la baisse de la demande des voyageurs d’affaires et l’impact de la récession sur les revenus des voyageurs loisirs. Sur ce secteur, Jet Airways a réduit ses capacités de 22,3%.
Le marché international a quant à lui profité de la baisse des coûts unitaires et d’un yield stable, qui, associés à la conclusion d’accords de « sale and lease back », ont permis à Jet Airways d’obtenir un résultat d’exploitation positif. La compagnie a également su adapter ses capacités à la baisse de la demande mondiale. Elle a notamment réduit le nombre de places proposées vers les Etats-Unis et le Canada en remplaçant ses Boeing 777-300ER par des A330-200 et a augmenté le recours aux Boeing 737 pour desservir les pays du Golfe et le Sud-Est asiatique. Il en a résulté un surplus de neuf appareils long-courriers qui sont actuellement tous placés chez Gulf Air et Turkish Airlines.
Jet Airways n’est cependant pas trop optimiste pour l’année qu’elle vient d’entamer. Si l’année fiscale 2008-2009 s’est caractérisée par de grosses pertes au premier semestre puis une amélioration continue des performances au second, la compagnie ne voit pas la fin de la récession en 2009. Selon elle, la baisse du trafic, de la demande Premiuim et des recettes devrait se poursuivre.