Les enquêteurs de l’autorité de l’aviation civile des Emirats Arabes Unis (GCAA) ont publié le rapport préliminaire concernant l’accident du Boeing 747-400F d’UPS qui s’est écrasé près de Dubaï le 3 septembre 2010. Le feu se serait déclenché à l’avant du compartiment cargo du pont principal puis la fumée aurait envahi le cockpit, aveuglant l’équipage.
L’origine du feu reste indéterminée, d’autant que rien ne signalait une cargaison dangereuse sur le manifeste de vol. Cependant, les autorités des EAU ont découvert que le 747-400F transportait des batteries au lithium et qu’au moins trois paquets répondaient aux critères définissant le matériel dangereux.
Elles ont également pu retracer le déroulement de l’accident avec précision. Le 747-400F d’UPS, immatriculé N571UP, a décollé de Dubaï pour Cologne à 14h51 UTC, après un vol en provenance de Hong-Kong. L’OPL se trouvait aux commandes. Vingt minutes après le décollage, alors que l’appareil se trouvait au FL320, l’équipage indique au contrôle aérien de Bahreïn qu’une alarme incendie s’est déclenchée dans le compartiment cargo du pont principal. Le commandant de bord prend alors les commandes et demande un atterrissage d’urgence à Dubaï (alors que Doha était plus proche).
Trois minutes plus tard, l’équipage passe les masques à oxygène et les lunettes de protection à leur disposition puis activent la checklist incendie. Comme prévu, la cabine commence à se dépressuriser, les packs 2 et 3 d’air conditionné s’éteignent et sont manuellement placés sur off. Cependant, le pack 1 s’est également éteint : il ne fournissait donc plus d’air conditionné, ce qui a annulé la différence de pression entre le pont principal et le pont supérieur de l’appareil et permis à la fumée de s’insinuer dans le cockpit.
Malgré l’actionnement de la poignée d’évacuation de la fumée par l’OPL, la fumée envahit le cockpit et dégrade la visibilité : les pilotes ne distinguent plus correctement les instruments de navigation. Deux minutes plus tard, ils indiquent également qu’ils manquent d’oxygène. Le commandant décide alors d’aller chercher les bouteilles se trouvant à l’arrière du cockpit, rendant les commandes à l’OPL. Plus rien n’indique par la suite qu’il ait regagné son poste.
Lorsque l’appareil entre de nouveau dans la zone du contrôle des EAU, le pilote ne peut plus changer sa fréquence radio car il ne distingue plus du tout ses instruments. Les communications se poursuivent donc avec le contrôle de Bahreïn, les appareils volant dans la zone servant de relais.
A l’approche de la piste 12L l’aéroport de Dubaï, le 747-400F se présente trop haut et trop rapidement. Il est donc passé au-dessus de la piste. Un demi-tour lui étant impossible, il est dérouté vers l’aéroport de Sharjah, un peu plus au nord. Le contrôle lui indique qu’il doit virer de 95° vers la gauche. Le pilote sélectionne le cap 195° (vers la droite) sur le sélecteur de cap de la planche du pilote automatique pour raison inconnue. Celui-ci s’est déconnecté quelques secondes plus tard et le contact radio a été perdu à 15h41. Le Boeing d’UPS s’est écrasé dans une zone militaire à 16km au sud de l’aéroport.
L’intégralité du rapport préliminaire peut être téléchargé sur le site de la GCAA à l’adresse : http://www.gcaa.gov.ae/en/ePublication/admin/iradmin/Lists/Incidents%20Investigation%20Reports/Attachments/16/2010-GCAA%20Accident%20Preliminary%20Report%20B747%20DXB%20.pdf