Aer Lingus fait un nouveau pas vers la privatisation. Le ministre irlandais des Transports Martin Cullen a présenté au Parlement les modalités de la privatisation de la compagnie irlandaise, déterminées dans l’« Aer Lingus Act » de 2004. Les principes de l’Offre Publique Initiale ont été approuvés par le Dáil le 6 juillet, comme le document le requerrait. Le gouvernement irlandais va donc pouvoir vendre ses parts.
La privatisation de la compagnie était attendue depuis longtemps. Aer Lingus a en effet besoin de liquidités pour renforcer ses activités et conjointement assurer leur développement. Elle souhaite principalement soigner son réseau international, les secteurs domestique et régional subissant de plein fouet la concurrence de la low-cost Ryanair. Une nouvelle porte vient d’être ouverte vers le Moyen-Orient avec l’intégration de Dubaï à ses destinations et son entrée sur l’Asie est imminente : la compagnie est en discussion avec la Thaïlande et Singapour en vue de conclure des accords bilatéraux avec ces pays.
D’où le besoin d’argent frais. En plus des parts du gouvernement, de nouvelles actions pourraient être émises. L’Offre Publique Initiale sera présentées sur les places financières irlandaise et britannique. Une partie des fonds devrait être consacrée aux pensions des employés d’Aer Lingus, pour les rassurer ainsi que les syndicats sur leur futur.
L’offre est attendue pour le mois de septembre ou octobre et sera destinée aux investisseurs institutionnels domestiques et internationaux, ainsi qu’au public, grâce à la médiation d’intermédiaires financiers en Irlande. Le ministre irlandais des Finances doit déterminer le nombre d’actions mises en vente, mais on sait déjà que les employés, qui détiennent 15% du capital, conserveront leur représentation et que le gouvernement, détenteur de 85% des actions, en gardera au moins 25,1% pour protéger ses intérêts stratégiques.
Lors de sa présentation, Martin Cullen a saisi l’occasion de faire le point sur l’avenir des slots de la compagnie à Heathrow. Aer Lingus devrait en abandonner puisque sa stratégie est à présent de développer ses liaisons de hub à hub en renforçant sa base de Dublin, raison qui l’a conduite à quitter l’alliance oneworld. Cependant, elle souhaite conserver suffisamment de créneaux pour assurer de bonnes connexions avec l’immense réseau qui s’est développé autour du plus important des aéroports londoniens.